AdventureL’aventure

– « Marre de tout ça. Le boulot, les transports, la grisaille… »
– « Envie de soleil et de vacances au long cours »
– « Chiche »
On ne sait plus qui de l’une ou de l’autre a lancé ce qui s’avérait à l’époque n’être qu’une boutade.
Autour d’un verre, un soir d’hiver, une discussion le temps d’une soirée, des envies plein la tête, des images plein les yeux et une blague assez rapidement mise de côté.

Les mois passent, on en rit, on en reparle, on se dit pourquoi pas.

Des soirées à échafauder des plans sur la comète il y en a eu, un certain nombre. Une première date de départ envisagée, aussi vite reculée pour incompatibilité de planning.

C’est au premier semestre 2015 qu’on se décide d’arrêter la blague et d’entreprendre de vraies démarches.
Avant même de partir, il faut voir si l’on peut partir. Et ce n’est pas rien.
Tout le monde peut partir et l’on se met les limites que l’on veut me direz-vous. Pas faux. Mais si on veut faire les choses bien, sans contraintes, l’esprit libre, alors cela demande un peu de préparation.
3 aspects : l’argent, le boulot, la confiance en soi (en nous).

 

ArgentL’argent

A moins de vivre d’amour et d’eau fraîche (et éventuellement de vente de chichis sur le sable blanc), un voyage ça coûte de l’argent. Le voyage défi à base de « 2 euros par jour max » ou « le voyage de l’extrême avec 200€ en poche », très peu pour nous. Respect pour les gens qui y arrivent, nous on voyait les choses autrement.
Pas d’excès inverse, pas de 5 étoiles ni chauffeur privé. Juste un sac à dos, un voyage un peu backpacking, à la rencontre de l’habitant. Si on voulait partir avant mille ans, il fallait prévoir un budget raisonnable. Après quelques recherches, devis, blogs avec retours sur expérience, on s’est mises d’accord sur une enveloppe de 1000 euros par mois. Une moyenne. Là où certains pays vont coûter 700€, d’autres nous en coûterons le double.
À cela s’ajouter le billet d’avion, l’assurance, les vaccins, les visas, l’équipement…
Ce n’est pas la lune mais ça fait déjà une sacrée somme et ça pourrait presque être décourageant tout ça.
Presque. Mais non.

J’ai un avantage sur Fred. J’ai l’épargne suffisante en banque, pas d’aspect matériel à gérer, pas d’appart à mon nom, pas de boulot à quitter puisque mon CDD s’arrêtera pile à temps. Bref finger in the nose.
Fred quant à elle à un CDI, un appart avec le prêt qui va avec, des charges mensuelles et moins d’épargne (on ne peut pas tout avoir non plus !).
Airbnb son ami, quelques locations, un serrage de ceinture mensuel programmé sur un an et une bonne surprise viendront boucler le budget ! Ce qui était peu envisageable devient réalisable.
Le boulot ne fut qu’une formalité, un congé sabbatique de 7 mois couplé à 4 mois de vacances et c’est parti pour 10 mois. Même qu’elle aura des vacances en rentrant. On croit rêver! Pour ma part, je serai au chômage sans solde pendant 10 mois et je verrai à mon retour. Chaque chose en son temps et il sera encore possible d’anticiper au mois d’août 2017 pour préparer la rentrée.

 

TrustLa confiance. 9 lettres qui ont leur sens

A partir du jour où l’on a décidé de partir, tout le reste a suivi et pris forme rapidement. Assez complémentaires, on a su trouver nos marques et une bonne répartition dans la préparation s’est imposée rapidement. Pas de désaccord, on file tout droit dans la même direction sans se poser de question, la confiance va donc de soi sans y penser.

 

MomentsPartir ça veut dire aussi ne pas vivre certains moments

Louper les anniversaires immanquables, ne pas avoir de Kinder à Pâques, ne pas profiter d’une saison de cabane, ne pas voir les matchs de basket de Samuel et Valentine, assister au gala de danse de Juliette, au match de foot de Maxence, profiter du « bon » caractère de Laly… Ne pas voir Juju le chat gras et ingrat. Ne plus manger les pâtés, les chorba et les bottereaux des parents, ne plus profiter des mojito (encore eux) en mode debriefland all night long, louper la réouverture du Bataclan, reculer d’un an la fameuse soirée Wet, les soirées pasta avec les copains à GDE et j’en passe.
Mais ça veut dire aussi envoyer des cartes postales d’un peu plus loin que Rome ou Madrid à père grand et mère grand. Raconter des histoires qui font rire, qui font pleurer, voire qui font pleurer de rire. Envoyer des photos qui font voyager. Avoir de nouvelles idées, randonner, voir le ciel, la terre et la mer, prendre enfin le temps d’écrire et photographier, prendre le temps de rêver…
Alors 10 mois seront vite passés, pas trop non plus on espère. Une gestation sans les nausées, une année scolaire sans 2000 enfants, juste le temps de vous manquer !
Promis, on vous emmène tous avec nous dans les valises. Va falloir se serrer car ça fait un paquet de monde. Attachez vos ceintures, parez au décollage !