Project Description

#Hani#Rizières#26km

Dernier jour au Yunnan. Le soleil prépare délicatement nos peaux pour les semaines birmanes à venir. Cela fait beaucoup de bien de laisser le manteau au placard et de découvrir le plaisir des randonnées en short.
Nous partons explorer l'autre versant de la montagne, celui où le soleil se couche, celui qui nous proposera d'autres paysages. Puisque situées entre 2000 et 3000 mètres d'altitude, les rizières offrent des panoramas montagneux constants, comprenez que l'on va encore monter et descendre aujourd'hui ! Les décors changent au fil des kilomètres, le soleil est au zénith et c'est l'occasion pour nous de nous intéresser davantage à la population locale et au fonctionnement des rizières.

Le Yunnan est majoritaiement constitué de Hani, l'une des 56 minorités ethniques vivant en Chine aux côtés des Han (91 % des Chinois). Les femmes arborent des tenues le plus souvent noires et bleues. Ni roi, ni Klein, ni azur, ni marine. Un bleu Hani brillant et ensoleillé, un bleu comme on les affectionne. Les hommes, quant à eux, n'ont aucun signe distinctif. Des chinois parmi tant d'autres.

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On peut voir de nombreux villages Hani dans la contrée de Yuanyang (Yunnan), là même où l'on vient du monde entier admirer les célèbres rizières en terrasses, là même où nous venons de passer 4 jours.
Les Hani sont réputés pour leur art de travailler en terrasses les rizières qu'ils cultivent. Ils ont édifié une véritable civilisation du riz. En développant la riziculture en terrasses, ils ont acquis une parfaite maîtrise des techniques d'irrigation. L'eau est captée dans des sources d'altitude. Elle est ensuite canalisée par de petites rigoles qui la distribuent dans les différentes parcelles à inonder. Un système de régulation permet d'évacuer les surplus des fortes pluies et de maintenir l'humidité en cas de sécheresse. Les hommes labourent les parcelles cinq fois par an avec leurs buffles. À l'automne, la récolte du riz mobilise tout le village. Et parce qu'ils sont isolés du monde, mais aussi du fait de la configuration des terrasses, ils moissonnent encore à la main. Il existe également un système de jachère : chaque hiver, des centaines de villageois creusent de nouvelles rizières et remblaient les anciennes.
Ce grandiose travail millénaire a créé l'un des plus spectaculaires paysages anthropiques au monde, les Rizières en terrasse des Hani de Honghe, classé au patrimoine mondial par l'UNESCO.
Le hic c'est le cercle vicieux de ce genre de nomination. Elle amène du tourisme de masse, qui génère une manne économique. Et comme tout le monde veut sa part du gâteau, les riziculteurs en premier car ils abandonnent les terrasses pour construire des infrastructures permettant l'accueil à prix d'or des touristes. La région est en travaux, la culture est délaissée, les voyageurs se déplacent pour visiter une activité en déclin.
Cela nuit considérablement à la beauté des lieux. Grues, constructions à foison. Bien que dans l'esprit des constructions ancestrales, les habitations se multiplient pour le confort des aventuriers mais pas pour sa quiétude.

Nous avons eu la chance de visiter cette région en basse saison, seules dans l'auberge mais aussi lors de nos randonnées. Et juste à temps avant que les paysages ne soient trop endommagés, engloutis sous des hordes de maisons et de touristes.
Un conseil, si vous voulez venir ici, ne traînez pas. D'ici quelques années le charme des villages Hani aura pris un sérieux coup. Merci l'Unesco !

Cette journée fut également l'occasion de réaliser une petite séance photo avec PtiRouleau. Il a bien voulu sortir de sa cachette et se prêter au jeu du shooting. Merci à lui !

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  Publié le 14/11/2016

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