Project Description

  #Quebrada#Nord#707km


Salta - Purmamarca - Salinas Grandes - Tilcara - Humahuaca - Salta
   

Road trip jour #1

Direction Purmamarca, première étape de notre périple.
Une fois l'état des lieux de la voiture fait, direction Carrefour (le supermarché français oui oui) pour faire quelques réserves. Du petit-déjeuner au cas où les auberges où nous allons n'en proposent pas, des pâtes et de la sauce tomate pour des dîners chauds sans aller au resto et des gâteaux pour les heures de voiture à occuper.

La route, rappelez-vous, nous la prenons avec le couple de français rencontré lors de notre journée au Brésil.
Pour les présentations et parce que leurs prénoms risquent de revenir à de nombreuses reprises, nous avons d'une part Marine, alias Marina Toddy pour l'hispanisation du prénom et en dédicace à son adoration pour les cookies de la marque Toddy (on en mangera (on l'a aidée un peu) un paquet par jour environ). D'autre part, Philippe, alias Ricky Spinetta, qui ne tient pas son nom d'un film pour adultes mais davantage pour son amour des poteries et pour sa mémoire foireuse (ne cherchez pas à comprendre, c'est une histoire stupide bien trop longue dont on a nous-mêmes presque oublié l'origine).

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  On the road again, again !

Marina, Ricky, Fred et Géna ne sont pas dans un bateau et personne ne tombe à l'eau, ils sont tous les 4 dans la superbe Chevrolet Classic âprement négociée.
Chevrolet en France ça sonne riche. Ici c'est la voiture d'entrée de gamme de tous les loueurs. Rien de fou donc.

Histoire de se mettre dans le bain, on prend la route de la jungle plutôt que l'autoroute. 2h de trajet serpentant au travers d'une flore luxuriante et très verte. Un étrange contraste avec ce qui nous attend ensuite, une aridité très (trop) prononcée.
Le premier pique-nique en bord de route, les premiers paysages, le soleil brille, ça manque encore de musique car l'Ipod est resté au fond du sac qui est au fond du coffre mais ça sent bon les vacances.
Nous arrivons en milieu d'après-midi au village de Purmamarca où il nous a été impossible de réserver un hôtel par internet tant les prix sont élevés. Donc en arrivant au pied de la colline aux 7 couleurs, on passe une petite demie-heure à trouver notre logement. Après de nombreuses demandes aux prix bien trop élevés, la pépite est trouvée au fond d'un passage, cour intérieure jolie, chambre dortoir rien que pour nous ok. Salle de bain ok.
Ça c'était avant de voir la "cuisine".
Dégueu, vieille, en béton, sans ustensiles. On pourra y faire cuire nos pâtes mais il aura fallu réclamer avant quelques couverts, assiettes et verres au propriétaire. Et faire abstraction du manque de propreté. Épique ce dîner.

Bref avant le dîner, on part en balade découvrir le village, petit, rustique, le premier d'une longue série. Marina et Fred visitent la première église d'une très longue série. Ricky et Géna décident rapidement d'aller boire un verre à chaque fois que les filles visitent une église. Bon en pratique ils vont assez peu boire. Mais la blague reviendra à chaque fois. Car les églises. Elles sont pas non plus spectaculaires ici.
Sinon la dite colline aux 7 couleurs porte bien son nom. La géologie est parfois pleine de mystère. Un arc-en-ciel de strates aux couleurs variées. Une terre aride, un rouge flamboyant dans des canyons de pierres.
Le petit apéro en terrasse, également le premier d'une longue série vient conclure cette première journée au top. On est ravis.

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Road trop jour #2

Le réveil au petit matin fait mal. Il fait nuit noire. Pas un bruit dehors. Le téléphone de Géna sonne 2 fois avant qu'elle se lève et prenne ses affaires pour la douche. Le temps de se réveiller et de trouver l'ambiance nocturne très particulière, elle met bien 5 minutes à comprendre qu'elle s'est trompée d'heure. Il n'est pas 8h mais 3h. Son téléphone étant resté en heure française. Première fois que cela arrive en 5 mois. Qu'à cela ne tienne. Suffit qu'elle remonte dans son lit superposé pour continuer sa nuit. Cela lui vaudra quand même de bonnes grosses vannes au réveil d'autant que Fred n'a pas pu se rendormir après.

  Désert de sel

Le programme du matin est original, Salinas Grandes, à une heure de route de là. Après une montée à plus de 4000 mètres et des zigzags montagneux, (et un ou deux Toddy avalés) on arrive face à ce désert de sel pour le moins surprenant. Marina, Fred et Ricky ont déjà vu le Salar d'Uyuni en Bolivie donc celui-ci bien que respectable n'est pas en mesure de rivaliser.
Cela reste une belle promenade au milieu de ce désert blanc et l'occasion d'une séance photo quelque peu particulière. PtiRouleau est mis en scène, on tente également des effets d'optiques, des paysages... On s'amuse sous un soleil prononcé dont la réverbération attaque sérieusement les yeux et la peau.
Le décor n'en est pas moins surprenant. Bassins d'eau turquoise, cristallisation du sel à perte de vue. Surprenant. On y reste tout de même presque 2h à errer d'un spot à l'autre pour finalement y pique-niquer.

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  Record battu !

Le trajet retour est l'occasion pour Fred de se remettre à son jeu favori de "combien de kilomètres sans accélérer". Compte tenu du dénivelé important dans cette région de l'Argentine, le record est facile à battre, passant de 10 à 18km et encore, elle aurait pu atteindre les 20 si on n'avait pas pris déjà autant de retard.
Une prochaine fois !

En arrivant à Tilcara où nous passons notre deuxième nuit, nous partons découvrir la forteresse de Pucará, site précolombien restauré grâce aux recherches des archéologues de Buenos Aires qui forme un ensemble d'habitations en pierre labyrinthiques. Tous situés au sommet d'une colline, il existe de nombreux pucarás dans la quebrada (vallée) de Humahuaca, vallée que nous explorons dans cette boucle nord durant 3 jours.
Une belle vue s'en dégage une fois en haut du village. Des collines aux 3, 4, 5, mille couleurs. Des cactus par milliers, des petites maisons en pierres, une heure de promenade en remontant le temps avant d'entreprendre une petite randonnée de 2h, un peu de sport sans Marina qui profite de son temps calme sans nous.

  Le début de l'aventure Brigitte Bardot

Nous ne partons néanmoins pas à 3 randonneurs mais à 6. 3 quatre pattes se joignant à nous pendant toute l'ascension. 2 labradors noirs et une race non identifiée. La première balade accompagnée, première de nombreux moments avec nos amis les bêtes.
La Garganta del Diablo (encore elle) est une randonnée qui, une fois en haut, mène à une cascade nichée au creux d'un canyon. Compte tenu de l'heure avancée et du tonnerre qui gronde au loin, nous décidons de rebrousser chemin avant d'arriver au Saint Graal. Ayant déjà tous vu des cascades par dizaines, point trop de frustration et c'est accompagné des deux boules de poils noires que nous redescendons (quid de la troisième, mystère). Juste le temps d'apercevoir au loin un étrange animal, rapidement baptisé "écupin", queue d'écureuil et tête de lapin. Très étrange. Ça nous vaudra de bons délires avant de chercher sur Google cet étrange animal qui s'avère être un viscache.
Quand on vous dit que vous apprenez plein de choses en nous lisant... :)

Notre balade nocturne dans ce village nous mène jusqu'à une procession à la vierge, nombreuses ici. On entend au loin ce que l'on pense être une fanfare et on tente de la rejoindre. Drôle de jeu que de suivre un bruit qui se déplace dans un village plongé la plupart du temps dans le noir. Dédale de ruelles infinies, on finit par retrouver ces musiciens pour un défilé assez particulier. Après prise de renseignements de Marina auprès d'une petite vieille du coin, on apprend qu'après avoir fait le tour du village, ils ramèneront la vierge demain à 17h à son emplacement initial.
Ce n'est que le lendemain à 5h que l'on comprendra que "mañana a las cinco" voulait dire 5h du matin. Et c'est reparti pour une heure de musique. Moins fun que la veille bizarrement...

 

Road trip jour #3

Départ pour Humahuaca, notre étape la plus au nord lors de cette première boucle.
Après un stop au village d'Uquiya pour une balade au pied d'un canyon rouge vif (un ou deux Toddy avalés) et la visite d'une petite église où les tableaux au crochet sont dignes du dessin animé South Park tant les représentations du Christ sont hasardeuses et drôles, nous nous rendons, surenchère oblige, à la vallée aux 14 couleurs située à quelques 4350m d'altitude.
Après, comme souvent, quasiment 1h de hors piste où un 4x4 aurait été le bienvenu, nous parvenons enfin au sommet d' "El Hornocal ". La vision de ces crêtes striées aux reflets variant du rouge vif au gris vert en fonction de la lumière témoin du passé géologique de cette partie sud-andine riche en cuivre, fer et souffre constitue un spectacle saisissant. Un décor à couper le souffle qui nous vaut une pause d'une heure de contemplation et de discussion. On est bien là et on y reste (et on a pas envie d'affronter tout de suite la côte que l'on vient de descendre à pied car à plus de 4000m, l'effort est considérable et on en perd quelques unes en route). Ça papote et il est déjà l'heure de repartir.
Un stop pique-nique pour profiter encore de nouveaux paysages, nous arrivons finalement au village de Humahuaca, bourgade la plus peuplée de la vallée en milieu d'après-midi.

Minute culture mais parce que ça nous a bien fait marrer : au 16e siècle les indiens de la région de Humahuaca vivaient en paix du commerce et de l'agriculture. Lorsqu'on leur a annoncé l'arrivée du premier détachement de conquistadors espagnols, ils n'étaient pas préparés à combattre une telle invasion. Les caciques se réunirent et décidèrent d'avoir recours à la ruse plutôt que d'affronter les envahisseurs. Tous les tissus et vêtements de la région furent alors réquisitionnés pour habiller les cactus des crêtes entourant la vallée. A la vue d'une armée aussi nombreuse, les espagnols prirent peur et préférèrent contourner la région, ce qui laissa aux habitants quelques dizaines d'années de répit. Drôle non ?

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Il est tôt, on trouve rapidement une auberge où la moto est à l'honneur. Des œuvres originales, modifiées, hors d'âge, des sculptures. Le métal est partout.
Nous prenons possession de notre petit dortoir de 4 comme d'habitude. Ça évite de partager avec des inconnus, plus simple pour les sacs et avoir l'esprit tranquille. Idéal donc même si parfois, la taille des chambre fait que l'on se marche un peu dessus.

On déambule dans le centre, on fait de la balançoire comme des gosses, on mange des tortillas au queso (galette fourrée au fromage) puis on se fait prendre par un orage de folie d'une dizaine de minutes. Le soleil revient aussi vite mais l'on prend le temps d'un moment calme dans ce village tranquille pour finir la soirée autour d'une partie de cartes, d'une bière le tout en mettant à jour le site.

 

Road trip jour #4

Il est déjà l'heure de réprendre la route en sens inverse pour entamer notre boucle sud. Beaucoup de trajet en perspective et moins de choses à voir de ce côté.
Un petit arrêt au tropique du capricorne pour la photo (un ou deux Toddy avalés) et un stop au village de Maimara qui nous vaut, comme des gamins, une bonne partie de ricochets dans la boue et nous retournons du côté de Salta pour passer la nuit.

En arrivant, petits bungalows avec piscine, le soleil brille, le temps de défaire les sacs et d'enfiler un maillot, on file au bord de l'eau. Sauf qu'en 10 minutes le temps a complètement tourné. Le vent s'est levé. L'envie de baignade est passée. On en profite pour faire une lessive et travailler la suite de nos parcours respectifs. Soirée studieuse agrémentée d'une pizza et d'une partie de ping-pong. Tranquillement.
Cette première partie du voyage a été l'occasion de nombreuses découvertes. Des paysages arides et rougeoyants au passé géologique encore très présent d'une part, de la découverte de nos compatriotes sudistes Marina et Ricky et d'une Argentine peu connue tant on parle toujours de la Patagonie. Le contraste s'annonce saisissant par la suite.

 

Ces 4 jours sont également l'occasion de développer notre vocabulaire. Les sudistes ont de drôles d'expressions dont on vous fait part juste après. Certaines risquent de rester.
Les José : tout humain dont on veut parler mais dont on ignore le nom.
Exemple : va demander à José où est le musée ou regarde le le José là sur son âne. (la version féminine étant "Josepha")
Porte la guigne : porter la poisse
De type genre : expression inutile qui a pour objectif de faire marrer. Incompréhensible hors contexte, nouveau type de langage commun.
Exemple :
- tiens, y'a encore un chien qui nous suit.
- de type genre bestiole à 4 pattes ?
Même en l'écrivant on se dit que c'est incompréhensible. Et pourtant.
Les collègues : les copains
Gadji : Qu'est-ce qu'elle a la gadji ? (comprenez fille)
Saucisson : gourdichaille
Où tu vas sans tes phares : qu'est-ce que t'essaies de faire là. Genre tu crois que je t'ai pas vu venir ?
Roumeguer : râler
Exemple : Tu vas arrêter de roumeguer un peu !?

Publié le 05/04/2017

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