Project Description

#Bus#Stop#Pluie#Galère

Bus, stop, shuttle

Le bus de nuit est l'occasion de continuer à papoter avec Baptiste et Alison rencontrés le jour même à l'auberge. Musique, voyage, impressions, les contacts sont échangés, il nous faudra trouver un moyen de se revoir une fois en France. Le bus nous dépose à 7h à Los Antiguos, ville argentine sans intérêt à 5km de la frontière. On saute dans un taxi à 1€ qui nous jette à la frontière, on récupère le coup de tampon, on s'incruste dans la voiture d'un couple pour éviter de marcher de nuit les 3km de zone franche, on valide l'entrée au Chili et on marche pour rejoindre la ville de Chile Chico à 7km. En faisant du stop, on se fait récupérer au bout de 3km par des gendarmes, on ne voit pas de loin, ils ont tous des pick-up ici.

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Drôle de situation, sacs dans le coffre, nous à l'arrière, on papote 5 minutes, on gagne une grosse demi-heure de marche pour arriver les premières sur 16 au point stratégique de stop pour rejoindre notre prochaine étape, Rio Tranquillo, à quand même 4h de route.

Et là ça se corse quelque peu. Saison basse oblige, plus de bus, seul le "dedo", stop pour aller à Rio (tranquillo, on se calme, la samba c'est pour une autre fois). Un mec qui parcourt l'Amérique du Sud qu'en stop est déjà là, on se cale plus loin pour ne pas le gêner et lui piquer son tour. 1h et ça ne donne rien. Personne ne se rend à Rio. Il y a peu de monde à vrai dire mais il fait beau et on a du temps. Puis 3 personnes qui étaient dans le bus avec nous depuis l'Argentine débarquent pour le stop.

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Ça ne donne toujours rien. 4 autres français zonent dans le centre, prenant un petit-déjeuner avant de se soucier de l'aspect transport. On les informe donc d'oublier le stop, ça ne marche pas mais comme nous sommes une dizaine nous pouvons constituer une navette privée pour parcourir les 4 dernières heures. Une heure plus tard, un chauffeur est trouvé, 4h de route chaotique, on arrive sous une pluie diluvienne, encore, ça promet d'être long. Le temps de trouver une "cabaña" chez Silvana à notre arrivée et l'on se pose à 6 dans ce F3 en bois, 2 décidant d'aller camper plus loin. Ils ont la tente, c'est beaucoup moins cher.

Le village de 2000 habitants propose 2 activités phare. Le bateau ou kayak jusqu'aux grottes de marbre bleu et une sortie sur le glacier Exploradores. Nous sommes venues pour faire les 2, privilégiant ce glacier moins cher et hors des sentiers battus, le Perito Moreno étant inaccessible pour nos bourses. Les informations sont prises. Bateau avec les 6 autres, glacier pour nous lundi quand ils seront repartis. La journée se termine tranquillement autour d'un verre, d'un dîner, de papotages, seulement perturbée vers 21h par Silvana la sorcière qui ne veut pas que nos 2 amis de campeurs soient ici, qu'elle ne va pas payer pour eux alors que la cabane est pour 6, qu'ils n'ont rien à faire ici. Avec un ton très amical vous pouvez l'imaginer. Comment dire que vu le prix que tu nous fais payer pour tes 4 murs en carton, tu vas commencer par baisser d'un ton Josepha et vu qu'il tombe des cordes dehors donc ils vont rester dîner et seulement après ils partiront dormir sous leur tente. C'est beau la solidarité humaine dans cette ville. Ça fait chaud au cœur. Les copains restent dîner, Silvana passe au moins 10 fois devant nos fenêtres vérifier qu'ils ne dorment pas là. Stupide.

 

Marbre bleu

La sortie bateau est prévu en fin de matinée, heureusement, la pluie cesse car après ce qu'il est tombé cette nuit, ce n'était pas gagné. Le temps d'un petit-déjeuner à 8 (pour faire plaisir à notre sorcière de proprio) et nous filons sur le port attraper notre bateau. 1h30 de balade, la barque se faufile entre les cavernes, on découvre les couleurs changeantes Selon les rais de lumière, l'eau turquoise du lac, les reflets, le marbre comme sculpté au fil des eaux et des années. Une belle promenade qui change de notre routine rando et après 2 jours un peu galère, ça fait du bien.

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Une fin de journée à traîner, lire, jouer aux cartes pour certains, toujours à 8, une rando d'une heure un peu ratée faute de sentiers dans cette ville pour se balader plus longuement. Un dîner et demain tout le monde reprend sa route. Coyhaique pour certains, glacier pour nous 2.

 

Lundi direction THE glacier

Le réveil sonne à 7h. L'appel du glacier oblige. Un bon petit-déjeuner pour tenir la matinée et nous prenons la direction de la cahutte des guides. On s'équipe avant le départ : guêtres, pantalon étanche, veste, gants, crampons, panier repas. On est prêtes à aller sur le glacier Exploradores. Depuis le temps qu'on l'attend !! 1h15 de route nous attend avant de pouvoir enfin réaliser l'un de nos rêves.

Bon là on va commencer à sérieusement déchanter après cette série de 3 jours de pluie, de transport pourri car une nouvelle désillusion nous arrive en pleine face. Suite aux fortes pluies la route est coupée, il nous est impossible de passer et donc d'atteindre le glacier car évidemment c'est le seul chemin qui y mène. La sortie est compromise et remise à demain.

Devons-nous rester ou pas. Le timing est serré mais jouable. On doit avoir à 17h la confirmation de la sortie de demain donc en attendant on marche 1h30 jusqu'à un petit port non loin. Pause déjeuner au bord du lac à regarder les apprentis kayakistes faire leurs premiers pas avant de se lancer à l'assaut des grottes de marbre. Puis nous décidons de rentrer. On nous propose, sans avoir à lever le pouce, de nous prendre dans un pick-up et comme un stop ça ne se refuse pas, nous voilà toutes 2 à l'arrière du bolide, cheveux aux vents, pleine balle sur la route. La famille nous jette 5km plus loin en arrivant dans la ville.

Même s'il est encore tôt nous décidons de rentrer bouquiner, faire la sieste. Il n'y a vraiment rien à faire ici et quelques gouttes recommencent à tomber. Avant de ressortir à 17h pour avoir, ou non, la confirmation de la sortie de demain, on prend le temps d'un goûter dans notre nouvelle auberge. Oui nous avons fait le choix judicieux de ne pas rester chez Silvana toutes les deux, trop mal aimable, si ça n'avait tenu qu'à nous on serait parties plus tôt.

A nous la chambre dans le camping Bellavista. Poêle à bois, cuisine top et patronne souriante, il nous faut bien ça pour affronter cette série un peu bof.

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Elle papote avec nous et nous dit qu'elle a appris pour la route coupée et que selon son ami qui prend le thé avec elle au salon ça ne sera pas réparé pour demain. Car c'est en fait une seconde section qui est coupée, bien plus importante que la première. Pim pam poum. Nouvelle claque. On passe quand même voir les gendarmes pour avoir de vraies infos qui ne sont guère plus optimistes même s'il nous faut encore attendre pour avoir une réponse officielle. A 20h par téléphone, le guide nous confirme que la sortie du mardi est annulée mais reportée au mercredi. J'essaie de lui faire comprendre qu'on n'a plus de temps à perdre et que les infos que l'on a de notre côté nous disent que mercredi cela ne sera pas possible non plus. Il n'essaie pas d'insister, son jeu est dévoilé, il veut nous tenir en haleine et ne pas nous perdre mais nous, nous n'avons pas 2 jours encore à perdre. Si l'on pouvait randonner ici pourquoi pas mais là, l'inactivité nous pèse un peu trop sur le moral.

Décision est prise de partir rejoindre la prochaine grande ville pour avoir des informations claires sur la suite de notre périple et surtout savoir si le bateau que nous devons prendre est toujours prévu vendredi. Cela conditionnera toute la suite de notre séjour au Chili avant notre vol pour l'île de Pâques le 18 mai.

 

Mardi

On se lève tôt, on va tôt à la "station" de bus qui n'est autre qu'un point de rendez-vous devant la boutique de la sorcière qui nous a hébergées les premières nuits. Elle a la main mise sur beaucoup d'activités ici, un peu trop à notre goût. Comme il n'y a personne et que l'on nous confirme bien à l'intérieur que le bus est à 9h, on va à 50m de là regarder le lever du soleil sur la baie. Magnifique. A notre retour 10 minutes plus tard, la boutique s'est bien remplie de frileux qui squattent. On reste dehors, on a vu hier qu'il était parfois difficile de rentrer dans le bus et que c'était chacun pour sa pomme. Étant arrivées les premières ce matin, on trouve assez légitime quand le mini-bus arrive de se positionner en ligne de front. Géna met les sacs dans le coffre, Fred va choper des places. Il n'y en a que 7 de disponibles car le bus arrive d'une ville et est déjà bien rempli. On y arrive tant bien que mal après un vaste jeu de chaises musicales. Le problème se pose quand il y a de mauvais perdants. Une gourdichaille qui ne s'est pas assise où il fallait se fait expulser à 3 reprises car elle s'est assise à la place de quelqu'un descendu se dégourdir les jambes. Elle active donc le mode "école maternelle, j'ai 4 ans" et va pleurnicher en fourbe auprès du conducteur, dire que l'on est arrivées après les autres et que l'on doit donc laisser nos places. Ils disent pareil au chinois devant. Étrange coincidence. Et le mec de notre auberge qui est aussi arrivé à 8h30 avec nous n'a pas de siège sauf que lui ne dit rien. A priori il y a un autre bus dans moins de trente minutes. De notre siège on dit que non, nous étions là, que nous avons attendu dehors ce à quoi on nous rétorque qu'il fallait s'inscrire à l'intérieur sur une liste. Heu comment dire qu'à 8h30 quand on était 3 dans la gargotte, personne n'a parlé de liste dans la boutique de la sorcière et que hier quand les copains sont montés dans le bus il n'y en avait pas.

Solidarité chilienne oblige (pour ne pas dire gros foutage de gueule des touristes étrangers), beaucoup disent qu'il nous faut descendre, que l'on a qu'à aller s'inscrire sur la liste, qu'il y a un bus dans 10 minutes. Blablabla. Ce a quoi on rétorque que c'est pour tout le monde pareil, qu'ils n'ont qu'à prendre ce fameux bus dans 10 minutes. Ça s'insurge, ça râle, les gens veulent repartir, Fred veut rester, Géna pas. Passer 4h à moitié sur les genoux du voisin qui trouve que tu es illégitime dans ce bus, très peu pour elle. On descend. En les insultant un peu quand même. On rentre dans la boutique de la sorcière et là, cerise sur le gâteau, celle-ci nous accueille avec son ton insupportable, celui qui donne des leçons et qui n'est pas franc du collier, disant de rester calme, qu'il y a un autre bus dans 5 minutes. De 1. On est encore très calmes donc va pas trop nous chauffer mémé, de 2. On veut juste s'inscrire sur cette putain de liste pour ne pas que cela recommence à l'arrivée du prochain bus. Comble absolu, elle nous dit qu'il n'y a pas de liste. Fred est à deux doigts de frapper le chauffeur du bus qui nous suit et qui, comédien ou pas, semble découvrir lui aussi qu'il n'y a pas de liste et qu'il vient de se faire rouler par Conchita. Comme on s'est tapé une mission de spéléologie pour sortir nos sacs à dos du coffre et qu'il est sûrement plus sage de prendre le temps de faire redescendre la tension avant le prochain moyen de transport, on décide de ne pas insister, de néanmoins les gratifier d'un léger doigt et de les laisser filer. Sympa l'ambiance chilienne sur ce coup. La goutte d'eau. Il est vraiment temps de partir.

On arrive à Coyhaique après 4h de bus assez pénible, chemin non carrossable oblige sur deux-tiers du parcours et neige une fois le bitume retrouvé. Magique. Le temps de trouver une auberge et nous filons nous renseigner pour le bateau, faire quelques courses pour le dîner.

 

Bilan de tout ça, Rio ça se mérite ! Y arriver déjà, y rester aussi. On aurait tendance à conseiller d'y aller en haute saison pour se faciliter la vie niveau transport et peut-être aussi niveau météo. Cette ville ne se développe que depuis peu, si elle ajoutait quelques randonnées dans le coin, il ferait bon y rester quelques jours, au camping Bellavista, pas chez Silvana ! Là le détour en bus est un peu trop important pour autant de désillusions.

Nous repartons déçues. De ne pas avoir fait le glacier ça c'est certain, et avec un goût amer sur l'attitude des gens. Le guide qui nous fait poireauter pour rien, la proprio conne, les gens du bus. Il faut passer à autre chose et si possible retrouver une météo plus clémente. Ça aidera...

 

Coyhaique

On profite néanmoins de cette journée de transition à Coyhaique pour aller se dégourdir les jambes dans la réserve naturelle non loin de la ville. On a eu raison. Et on est reparties juste avant le déluge. Pas la randonnée de l'année mais une forêt riche en végétation, en piverts à crête rouge, forêt  aux airs de féerie, ou de forêt maléfique, question de point de vue.

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Au retour, notre chauffeur de stop du jour n'est autre qu'un taxi privé de luxe qui vient de déposer 4 clients à la randonnée. Nous, on n'a pas payé !!

 

Demain direction Puerto Aysen pour faire quelques courses et profiter du bord de mer avant d'embarquer pour une trentaine d'heures de bateau pour rejoindre l'île de Chiloe. Trente c'est en théorie. Car en pratique, une grève est annoncée à notre arrivée, au port de Quellon. Ça promet.

 

Pour ce faire, nous devons d'abord rejoindre Puerto Aysen, ville située à 15km de notre port d'embarquement du lendemain.
De part sa taille, cette ville semble offrir davantage de solutions d'hébergement. En théorie. En pratique on passera 1h30 à essuyer des refus ou des propositions aux prix déconnants. Le cul du monde qui propose des tarifs plus chers qu'Ushuaia. On aura tout vu.
À deux doigts de céder pour un hôtel sans charme et sans cuisine nous tombons sur une dernière "auberge" où toquer. La tenancière ouvre, propose un prix cohérent, on visite, on adhère sans adorer. Faute de mieux on sauve trois sous et on vit une expérience très "locale".
Cette ville n'a décidément rien pour elle. Comme ses auberges, sans wifi, sans charme, elle ne donne pas envie. On compense le manque d'enthousiasme par un risotto et une bouteille de blanc bien frais au coin des fourneaux.
L'essentiel est ailleurs, demain à Puerto Chacabuco.

Publié le 06/05/2017

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