Project Description

#Bus#Kangding#Montagne#23km

Dimanche 30 octobre direction l'ouest de la Chine, d'ailleurs nous ne serons à l'avenir jamais plus autant proches de la France. Nous nous rendons à Kangding, 2600 m d'altitude, ville capitale de la préfecture tibétaine de Ganzi dans l'ouest du Sichuan où nous nous trouverons désormais pour quelques jours. Constituée à 40% de tibétains , 40% de chinois et 20% d'éthnies minoritaires, Kangding, sur la route Chengdu - Lhasa, offre un panorama superbe sur les nombreuses montagnes environnantes allant jusqu'à 7550 m d'altitude. L'occasion rêvée de toucher du doigt l'esprit tibétain, ses plateaux et autres montagnes majestueuses.

Pour rejoindre cette ville, un seul moyen, le bus pour 6h minimum.
Après le train, cela est notre première expérience longue durée du genre.
6h c'est le temps annoncé au départ. Nous mettons finalement 7h30. Outre la pause réglementaire du chauffeur sur une "aire" permettant de déjeuner, nous avons également 2 pauses techniques demandées par la même jeune fille qui a priori avait quelques problèmes de vessie. Le 2ème stop ayant permis au conducteur de faire laver son bus par une équipe de laveurs frotteurs expérimentés. Sauf que pendant qu'ils lavent, intérieur comme extérieur, nous sommes dehors pour les laisser faire. En théorie ok, sauf qu'il caille et qu'on est à 20km de l'arrivée. Après 7h, un peu frustrant. Petit aparté sur l'obsession des chinois au sujet de la propreté de leur voiture. En ville comme à la campagne, des stations "sauvages" emploient de nombreux compatriotes frottant astiquant les moindres recoins des grosses berlines des plus riches chinois. Aux confins de la muraille comme en plein Pékin, les voitures doivent briller. C'est un fait.
Bref, le bus ne brille pas quand nous quittons la voie rapide pour rejoindre une "nationale". Comprenez route qui permet à peine à 2 voitures de se croiser. C'est là que ça se complique. 200km en 2h, 150 en un peu moins de 4h. 4h durant lesquelles nous longeons un fleuve aux couleurs multiples, témoin des invasions humaines. Des ponts et des tunnels hors normes qui accueilleront sous peu des autoroutes facilitant le déplacement de milliers de chinois aux confins du Sichuan. L'ingénierie dont ils font preuve est impressionnante et force est de constater que le paysage chinois est en perpétuelle évolution que nous ne serions pas surprises de ne rien reconnaître en revenant d'ici 4 ou 5 ans.
Les infrastructures gigantesques ont au moins le mérite de faire travailler des populations locales pour le moins pauvres si ce n'est en grande précarité sociale.

Les heures passent, elles sont longues mais les paysages variés nous divertissent et aident à égayer ce périple.
Le truc drôle c'est que nous ne savons pas quand nous arriverions. Le temps est relatif ici et on ne sait pas trop à quoi s'attendre. Alors suspense à chaque ville à partir de 6h de route. 1h30 de suspense donc. Pour finir larguées sur une station à l'entrée de la dite Kangding avec un plan en anglais pour rejoindre l'auberge. Impossible donc de demander quoique ce soit à un chinois (ni même à un tibétain) car aucune adresse en idéogrammes chinois à présenter.

Durant les 25 min de notre chemin jusque l'auberge, nous découvrons des visages plus colorés aux pommettes rougeoyantes, des yeux moins tirés, moins bridés, des tenues plus folkloriques. Pas de doute, nous avons quitté les mégalopoles pour un lieu plus typique bien que déjà bien entamé par une société de consommation omniprésente.
Notre balade du soir nous le confirme. A côté des monks en Nike et iPhone, il est facile de trouver des magasins Adidas, des "Himalaya Café", des Chupa Chups . Ne délaissant pas nos bonnes habitudes, nous tentons un restaurant à l'aveugle où sans l'aide de 2 jeunes et de leur traducteur sur téléphone, nous aurions encore mangé des choses étranges. Un plat de nouilles épicées et du pain au maïs plus tard, c'est rassasiées que nous rentrons à l'auberge partager notre dortoir avec 3 hommes. Une autre expérience humaine...

Ce premier jour en terres presque tibétaines nous ménera sur le Mont Juilian, 3200 m d'altitude. 2h de montée à travers bois, 2h en haut pique nique compris, 2h de descente.
Ayant emmené Lucy (prononcez Loussie), chienne berger, pour nous ouvrir la route, elle rythme sa randonnée d'excursions personnelles et d'allers-retours. Nos rencontres du jour ? Yacks, lapins, chevaux, fanions tibétains, tombes tibétaines et fermiers locaux.
Bonheur de la récompense de l'effort, nos 2h de montée ont été récompensées par un soleil radieux et un ciel azur. Ça change de la brume !

Vers 18h, après un temps calme, nous partons à la recherche d'un boui-boui nous permettant de goûter du yack (traduit beef sur les menus). Nous suivons les conseils de l'auberge et allons dans le petit restaurant en bas de la rue. 6 tous petits morceaux de yack et des noddles un peu trop cuites accompagnés d'un peu de verdure (feuilles de salade chaudes). Pas assez épicés à notre goût. Le boui-boui d'hier était meilleur. Comme quoi les habitudes ont du bon.

Publié le 31/10/2016

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