Project Description

  #Dégustation#Vélo#50km  

L'avion a à peine atterri sur le continent que l'on saute dans un bus de nuit direction La Serena, point de passage obligé pour nous rendre à la Vallée d'Elqui.

 

La montagne ça vous gagne

1h de minibus plus tard, on arrive enfin à Vicuna, notre lieu de villégiature pour les 3 prochains jours.
2 raisons principales nous amènent ici. Le pisco et le vin. Le pisco est l'alcool chilien par excellence même si le pays se bat pour sa paternité avec le Pérou. Le vin, nous l'avions goûté lors de notre passage à Valparaiso chez nos hôtes français et nous en gardons un souvenir ému.
Motivations d'alcooliques...
Ha non pas que. Une supplémentaire. Le nord du Chili est réputé pour être l'un des plus purs au monde. Les observatoires sont nombreux et celui de Vicuna, tenu par un astrophysicien français, est réputé. On veut absolument y aller découvrir le ciel de l'hémisphère sud en sa compagnie.

IMG_20170602_044541
 

Donc pour se donner bonne conscience, avant d'attaquer demain la vallée, à vélo s'il vous plaît, aujourd'hui c'est randonnée. La petite dame de l'hôtel nous a parlé d'une randonnée dans les montagnes derrière. Était-ce pour nous remettre sur le droit chemin qu'elle a souhaité nous envoyer voir la vierge nichée au premier sommet ? Qu'à cela ne tienne, on fait une esquive rotative et on poursuit sur les sommets suivants, la mini-rando se transforme en de belles heures de grimpette et offre un beau panorama sur les vallées.
A notre gauche le début de la vallée d'Elqui que nous visiterons demain. Arides sont les flancs de montagnes, enneigés sont leurs sommets, très fertiles sont les vallées. Mis à part les vignes, la région est réputée pour ses arbres fruitiers, on peut donc apercevoir des cultures à perte de vue. En face, à 1300 mètres d'altitude, l'observatoire Pangue où nous sommes sensées nous rendre ce soir observer les étoiles et autres merveilles de la nuit.
Sur notre droite des cultures, des montagnes. En contrebas, le village de Vicuna, 13000 âmes, également connu pour être la ville d'enfance du Prix Nobel de littérature de 1945, Gabriela Mistral, l'enfant et la fierté du pays.
Le pique-nique sur ce promontoire digne de Simba est apaisant. Après le tumulte des transports, nous voilà bien arrivées.

IMG_20170602_044717
 

Pour redescendre, autre chemin, plus dans la vallée, nous souhaitons nous rapprocher des cultures et éviter l'aller-retour par le même chemin. Les champs d'oranges sont magnifiques en cette saison et la récolte bat son plein. Un jeune homme, sceau à la main, entamant une nouvelle récolte après sa pause, nous demande si l'on souhaite goûter les fruits. Vous vous doutez bien que ce genre de propositions on aime et on ne refuse jamais.
Nous voilà à jouer à un basket improvisé avec notre cueilleur, nous lançant des fruits par-dessus la clôture électrifiée. Le dessert idéal. Juteuses, sucrées, pleines de soleil, on rentre à l'auberge le ventre plein.

 

Dégage le nuage

Hélas notre rendez-vous de 17h30 pour nous rendre à l'observatoire est annulé. Après un ciel radieux, les nuages viennent jouer les trouble-fêtes et l'observation est compromise.
Qu'à cela ne tienne, on retentera notre chance demain. On y croit.
De ce fait une soirée studieuse nous attend, nous avons près de 10 jours de retard sur le site suite à un certain laisser-aller sur l'île de Pâques. C'était sans compter sur les discussions avec les autres voyageurs. Finalement on avance peu. Mais on échange beaucoup !

 

A bicycletteuuuuu

8h. Petit déjeuner ok. 2 litres d'eau ok. Vélos ok. On file à la station de bus enfourner nos 2 roues dans le coffre. Feignants vous vous dites ? Oui oui. 40 kilomètres de côte on aime pas alors on va faire que la descente. A quoi bon les allers-retours de toute façon !?

IMAG4708
 

Arrivées à Pisco Elqui, nous entamons notre chemin à flanc de montagne avec vue sur la vallée fertile aux couleurs changeantes. Le soleil brille. Le vent est frais. La journée s'annonce radieuse.
Premier stop au village suivant, Monte Grande, où Gabriela Mistral a passé quelques années à l'école et sa maison adjacente. 2 pièces, des photos, une maison dans son jus, premiers pas dans la vie de l'artiste. Les photos sont touchantes et cette grande dame, par sa taille et son talent, très mystérieuse. Le lieu ne propose que trop peu d'explications et le tout est en espagnol. Il va nous falloir creuser l'affaire un peu en rentrant.

IMG_20170602_044900
 

Deuxième étape quatre kilomètres plus loin, le vignoble de la vallée. Une visite s'impose, une dégustation surtout !!
Une jeune femme nous accueille et nous ouvre les portes de cette production familiale qui ne propose au marché que 30 000 litres par an. Une goutte d'eau. Le véritable problème c'est que ces bouteilles ne sont disponibles qu'au vignoble et en restaurant. Autant dire impossible de s'en procurer en France, ni même au Chili.
On goûte rouge et blanc. Si le premier nous surprend agréablement nous amatrices de blanc, le second nous déçoit quelque peu. On ne retrouve pas les parfums de Valparaiso. Le boire sans repas n'aide pas, cela ne met pas en valeur les arômes. Mais on finit quand même par se demander si ce n'est pas la jovialité du moment qui avait quelque peu flouté nos souvenirs.

Qu'à cela ne tienne. On reenfourche nos vélos. 30 kilomètres de vallées. D'arbres. De vignes. De villages. C'est beau et le soleil brille de mille feux. Pas un nuage en vue. Ça s'annonce bien pour notre nuit étoilée.

L'idée du jour est d'enchaîner les 2 boucles que les touristes font habituellement en 1,5 jour.
Car la deuxième partie est plus courte et propose dégustation de bière artisanale, de pisco et une visite de cuisine solaire. Que de 15 kilomètres.
On arrive donc au village de Diaguitas, porte d'entrée de cette seconde partie pour un pique-nique sur leur fameuse Plaza de Armas avant la dégustation de bière.

Ils font venir une partie de leur houblon de Belgique. Haha. Cette blague.
On trouve que cela perd quand même beaucoup de son intérêt, mais on se laisse guider par les explications et la dégustation. Un petit air de Belgique sur nos palais nous fait penser qu'il va nous falloir retourner en capitale européenne un de ces jours pour refaire la tournée des bars...

Le pisco quant à lui, est bien produit ici et les vignes sont de la vallée. Visite express. Assez claire. Dégustation. Dommage, ils noient le pisco avec des jus de fruits, c'est bon mais il nous est difficile de reconnaître le goût de l'alcool.

IMAG4676 IMG_20170602_045326
 

C'est pas le tout mais il nous reste une douzaine de kilomètres avant de rentrer. La route est droite. Le soleil bien haut. On arrive à l'auberge le temps d'un goûter au soleil, d'une bonne douche et l'on attend patiemment notre RDV de 21h30.

 

La tête dans les étoiles

Car ce soir on a rendez-vous avec la lune. Ou plus exactement avec le ciel car à 1500 mètres d'altitude, à l'un des plus grands observatoires du Chili tenu par un astrophysicien français, nous ne voyons pas de croissant mais une voûte étoilée magnifique.
Le nord du Chili est réputé pour avoir une voie lactée des plus pures et c'est peu de le dire. Même sans téléscope, à l'œil nu, voie lactée, galaxies de Magellan, couronne australe, couronne boréale, croix du sud et des millions d'étoiles, filantes ou statiques, brillantes de mille feux.

L'appareil nous permet tout de même de voir un peu plus loin que ce que nous propose nos yeux, à savoir, Saturne, ses anneaux et ses 5 lunes, Jupiter et ses 3 lunes, une Supernova ou explosion d'étoiles pour les novices, une galaxie, une étoile morte, une nébuleuse en plein travail et une collision de galaxie.
Ça ne choque personne que l'on puisse voir quelque chose de mort et donc qui n'est plus !?
Le cerveau a dû admettre une chose en cette soirée toute particulière, ces deux heures étaient un voyage dans le passé. On a vu une étoile morte encore en vie donc. Car le temps, en année lumière, que l'on s'aperçoive qu'elle n'est plus, à nos yeux, elle est encore visible. En contrepartie, si sur ces étoiles ou planètes des êtres voyaient la terre, il la verrait telle qu'elle l'était il y a plusieurs siècles ou millénaires. En gros compte-tenu des distances qui nous séparent, impossible d'échanger dans un temps présent. On ne peut que voir ou avoir des informations du passé et émettre des hypothèses sur le futur.
Troublant. Si vous nous suivez pas, allez pousser la question sur le web, des gens passionnés et passionnants expliquent cela autrement mieux que nous. En tout cas notre cerveau, surtout celui de Géna, a quelque peu perdu les pédales à ce sujet...

Soirée géniale donc. Explications claires. Visions d'exception. Moment parfait.
Il est plus d'1h lorsque nous regagnons nos couettes. La tête dans les étoiles...

 

Dernière courte journée à Vicuna, une exposition sur la vie de Gabriela Mistral, concise et efficace, une longue pause déjeuner au soleil et il est déjà l'heure d'attraper notre prochain long transport pour le nord du Chili. Plus de 20h pour rejoindre le désert de San Pedro de Atacama, avant dernière étape chilienne. Affaire à suivre...

Publié le 04/06/2017

Project Details