Project Description

#Kangding#Tagong#Plateaux tibétains#36km

En cette fin de journée de mardi passée sur les flancs de la montagne Paoma, à naviguer entre les guirlandes de drapeaux à prières, à admirer la ville d'en haut et les nuages du dessus, nous avons décidé qu'il était temps de quitter les récifs montagneux pour de plus lointaines prairies. Changement de programme donc, cette dernière journée à l'ouest du Sishuan ne sera pas à Kangding mais à Tagong, 2h de route plus à l'ouest, perchée à 4700 mètres d'altitude.

Une petite négociation de taxi plus tard, nous voilà donc en route à 8h pour un voyage tibétain. Le monk en passager avant et la jeune femme tibétaine à l'arrière avec nous nous le confirment.
1h de montée plus tard nous atteignons le point le plus haut de notre périple. Les paysages se font gelés, les expirations fumantes, les températures très basses.
Fini les villages enclavés dans la montagne, à nous les prairies tant attendues. Les paysages ont totalement changé. Nous sommes désormais suffisamment haut pour n'avoir que du ciel bleu à l'horizon ayant laissé derrière nous une mer de nuages magnifique. Des pics et des montagnes au loin, des prés aux troupeaux et maisons plus ou moins nomades défilent. Le sourire aux lèvres, nous découvrons enfin ce qui fera l'objet de notre journée, Tagong et ses plateaux à perte de vue.

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Nos covoitureurs déposés au détour de villages rencontrés, nous arrivons enfin sur la place du village, point de départ d'une rando de 4h.
Le soleil brille et tape fort, c'est donc enduites de crème solaire que nous nous enfonçons dans une petite vallée, où les yacks sont rois, cohabitant avec des chevaux aux hennissements retentissants. Une bonne heure de marche jusqu'à un village nous remplit déjà la tête de nouveaux horizons. La Chine recèle de paysages si variés dont nous avons eu la chance d'avoir un bel échantillon en quelques semaines.

Nous sommes persuadées qu'en haut de cette très grande colline derrière le village, nous aurons un point de vue magnifique.
Nous entreprenons donc cette grimpette. Telles des yaks, la fourrure en moins, nous serpentons, zigzaguant pour amoindrir l'effet mur de cette colline.
Comme pour le Mont Juilian, l'effort fut récompensé comme il se doit. Des prairies, des yaks, des glaciers au loin, le silence. Et nous. Le meilleur emplacement au monde pour un pique nique improvisé.
Nous longerons cette crête pendant un moment avant d'entreprendre la descente sur le plancher des vaches. Et non pas des yacks. Car ces derniers, tels des équilibristes, arrivent à tenir des heures entières sur des pans verticaux. N'est pas yack qui veut car nous, bipèdes, même si bien plus légères et normalement plus agiles nous mettrons un certain temps voir un temps certain à redescendre.

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Revenues à l'altitude initiale, le soleil cogne dur, les heures filent et nous terminons la promenade du jour dans le centre ville. Pas de doute, l'ambiance Tibet est bien présente.
Les tenues changent, les visages toujours plus tannés, colorés, les sourires plus fréquents. Notre passage est souvent accompagné d'un "hello". Les couleurs bordeaux, aubergines, marines des tenues dont ils se drapent ont l'air aussi chaud qu'ils sont beaux. Si nous n'avions pas 9 mois de sac à dos à tenir, nous préparerions bien l'hiver 2017 dès à présent !

Nous n'avons pas été jusqu'aux confins des plaines tibétaines pour aller à la rencontres des nomades qui se font de plus en plus rares. En 3 ans, les prix ont explosé, le business du bout du monde passe aussi par là.
Le retour négocié avec un chauffeur, nous voilà parties avec un jeune tibétain pour un retour vers Kangding. Les paysages défilent, nous apercevons des détails omis à l'aller, chaque minute du voyage se fait distrayante.
A 30 minutes de l'arrivée, comme il est courant de le faire, 2 locaux hèlent le taxi en bord de route. Après quelques échanges dont nous ne comprenons rien, le chauffeur accepte. La surprise c'est que la voiture 7 places se transforme en 9 places en quelques instants, les 2 nouveaux clients n'ayant pas précisé qu'ils étaient 5 et non 2. C'est donc un tibétain à moitié sur les genoux que nous terminons notre périple. Une invitation à dîner à la clé pour Géna qui refuse... Elle loupe l'occasion de sa vie de passer une agréable soirée en charmante compagnie et de devenir tibétaine.

A défaut de Tibet profond, cette journée éclatante nous a donné une autre envie. Celle d'aller plus au nord, en Mongolie, pour retrouver ce genre de paysages pour une durée plus conséquente.

Les voyages nourrissent les envies. Nous ne sommes parties que depuis 3 semaines...

Publié le 02/11/2016

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