Project Description

  #Amazonie#Experience#Pluie#Famille

2 possibilités, parmi tant d'autres, s'offrent à nous pour cette expérience.
Celle en lodge, plus touristique, en groupe, qui offre la promesse de voir de nombreux animaux, ou celle dite communautaire, à deux, où l'expérience humaine est privilégiée.
Après une longue réflexion, le choix est fait de privilégier l'humain, les animaux ça sera pour la prochaine, quand on ira en Colombie, la forêt Amazonienne étant accessible également par là-bas.

 

Nous voilà donc parties 4 jours, en forêt, au sein de la famille de notre guide Henry, Amarun de son nom Kishwa.
Le kishwa est une des (nombreuses) langues indigènes présentes en Amérique du Sud. Entendez donc que l'on ne comprend rien pendant quatre jours lorsqu'ils parlent entre eux...
On retrouve notre guide à l'agence de l'association pour partir ensemble. 40 min de taxi, 30 min de pirogue, 2h30 de marche en forêt.
Immersion totale .

 

Ressources tropicales

Ces deux premières heures en forêt sont l'occasion de nos premiers enseignements, premiers d'une longue liste. A chaque fois durant ces quatre jours en forêt, Amarun se fait un devoir de nous enseigner tout son savoir, faisant de nous de parfaites aventurières.
Plantes qui piquent, animaux qui tuent, arbres qui soignent, lianes qui font danser, feuilles qui abreuvent, insectes qui nourrissent... Tout y passe. Les premières sensations sont géniales, il ne reste qu'à arriver en famille.

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Une histoire de famille...

L'oncle, la tante, la sœur qui est aussi la cousine, la cousine du cousin. Ici c'est un peu comme dans le nord. On découvre une consanguinité qui n'est pas cachée. Tout le village, 60 âmes, est en famille. Tout le monde est le cousin de quelqu'un. Vase clos.
On rencontre la famille, la tante et l'oncle chez qui nous dormirons pendant que notre guide qui vit déjà avec sa sœur, son mari et sa nièce dormira en face. On découvre notre chambre. Spartiate mais impeccable pour ces 3 nuits.

Un premier repas, une première sieste et il est déjà l'heure d'aller couper du yuca entre filles. La racine est parfaite pour préparer la traditionnelle chicha équatorienne.
On déguste au passage quelques mandarines que l'une des plus jeunes va chercher en haut de l'arbre, on coupe de la canne à sucre que, pour la première fois , Géna machouille. Un délice.
C'est fou de voir avec quelle simplicité elles manient la machette. On serait curieuse de savoir à quel âge elles se voient offrir leur premier coupe coupe. On est même pas tentées d'essayer le premier hôpital est bien trop loin.

En rentrant on épluche, on lave, on cuit, on écrase et on laisse macérer le yuca pour 24h. Ça va fermenter et ça en fera la boisson favorite du coin. On a testé pour faire honneur, c'est particulièrement infecte.

 

Nombreux sont les villes et villages d'Equateur agencés autour du terrain de sport. Lieu social incontournable, cette région reculée du monde n'échappe pas à la règle alors à 17h, on enfile nos baskets et on participe au match des garçons.
Ici on ne plaisante pas avec le sport, la victoire est à 1$ par personne.
On découvre assez rapidement à nos dépends qu'il n'y a aucun traitement de faveur et qu'ici plus qu'ailleurs s'appliquent les règles du foot de rue. Pas vraiment de limites. Très physiques. Géna le vérifie de très près, son nez et ses lunettes aussi.
La défaite au foot est rapidement inévitable mais ils ravalent un peu leur fierté quand Fred leur en envoye un au fond des filets et que Géna repousse quelques pointards bien directs.
Ça pique mais l'honneur est sauf.
Surtout qu'on joue la revanche au basket et que là... On garde donc notre euro sans vantardise mais en s'en donnant à cœur joie.
1-1 balle au centre. 19h, l'heure d'aller dîner, demain on ira jouer avec les femmes et enfants qui occupent le terrain d'à côté. Plus bon enfant. Et sans argent en jeu...

 

Les jours se suivent...

Et ne se ressemblent pas.
Aujourd'hui lever à 5h30 pour être au rythme de la maison et aller voir les oiseaux à l'aube. Nous dégustons autour du feu un thé énergisant d'Amazonie. Puis partons avec les jumelles.
Nos premiers toucans, oiseaux jaunes, rouges, gros, petits, bruyants... 1h à se balader au calme.
Après avoir avalé notre petit-déjeuner, c'est parti pour 4h de balade. Découvertes encore au programme : peintures faciales grâce aux fruits de la jungle, pliages et couronnes grâce aux plantes, insectes, animaux... Nous arrivons au bout de 2h à une série de cascades.
On croit comprendre que le guide aime bien passer du temps avec nous. Foot. Baignades. Canyoning. Blagues pourries. Y a pire... On passe sur la chute de Fred, une cascade dans une cascade ! La pression est trop forte, la balnéothérapie du dos se transforme en roulé-boulé avec une belle peur et un beau bleu.
Après le mode Tarzan sur les lianes hier, aujourd'hui aventurières plus humides. C'est génial. Et toujours entrecoupé de mille explications.

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Après un énorme déjeuner (tous nos repas sont copieux et bourratifs, yuca et bananes obligent), pause d'une heure avant de passer à l'atelier chocolat.

 

Chocolat chaud et bananes !!

Une des parcelles de la famille propose une quantité abondante de cacaotiers. On file une nouvelle fois entre filles, avec notre guide et de nombreux coupe-coupe. Les fèves tombent, sont ouvertes. Il reste à les débarrasser de leur substance blanchâtre sucrée. Pour ce faire, chacun prend une fève et suce puis crache les fèves ainsi nues dans un seau. Pas très ragoûtant certes. Mais tellement bon en vrai !!

Au retour, on saute l'étape séchage qui prend normalement 8 jours pour passer, avec des fèves cueillies 8 jours plus tôt, à l'étape torréfaction. Au feu, dans une poêle. Ça sent bon, ça noircit vite, il faut être vigilantes.
Puis on écosse les fèves, on garde la matière brute que l'on passe au hachoir avec du sucre de canne afin d'obtenir une poudre qui, une fois ajoutée à de l'eau tiède, fait un chocolat chaud parfait qui viendra dégouliner avec passion sur de belles bananes. Le goûter idéal ! (note : à l'heure où nous écrivons cela, ayant du faire face à une overdose de banane préparée sous toutes ses formes, le simple fait d'écrire le mot b - - - - e nous provoque la nausée...).

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L'atelier foot du jour est annulé pour cause de pluie. 2 jours qu'il faisait sec dans la jungle, fallait pas trop rêver non plus ! Qu'à cela ne tienne, notre balade nocturne étant également reportée à demain, ce soir c'est atelier tatouage !
Pas d'inquiétude, rien de définitif, nous n'avons pas (encore) été ensorcelées. Amarun fait souvent cela, cette teinture fonctionnant pour la peau comme les cheveux.
Non loin de la maison pousse un arbre dont les fruits, une fois chauffés, se transforment en encre quasi indélibile.
Nous voilà tous trois autour du feu, à attendre que le jus translucide devienne bleu marine. On l'extrait. Il est utilisable une semaine. Puis l'on choisit le motif dans le book d'Amarun et on passe à l'attaque.
4 jours pour que cela devienne le plus foncé possible, 4 pour que cela disparaisse. A l'heure où nous écrivons, 11 jours plus tard, le dessin reste très visible.

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Bonus inatendu

Une fois l'atelier tatouage fini, notre guide, sa sœur et son mari qui vient de République Tchèque (il en avait marre de la vie en Europe et est venu se perdre jusqu'ici) nous propose un jeu.
Seuls les pions sont différents sinon ce jeu qui les occupe souvent le soir n'est autre que celui des petits chevaux. Venir ici pour jouer aux petits chevaux !! Ça les éclate. Ils sont intraitables sur les règles, on doit rentrer 4 pions à l'étable. Interminable. Fred sauve l'honneur et finit troisième. Géna en pôle position au début atterrit lamentablement à la dernière place.
Il est l'heure d'aller au lit.
La bonne surprise du lever est un triple tatouage. Comprenez que le tatouage initial, bien que sec, a déteint sur tout ce qui s'est frotté à lui de façon prolongée durant la nuit. Autre bras, main, peau..  Il paraît que l'on s'en sort bien, une touriste une fois avait fait un tatouage sur la main qu'elle avait délicatement posée sur son visage pendant la nuit. On vous passe les détails...

 

Jamais deux sans trois

Troisième jour c'est grasse matinée ! Bananes au petit déjeuner. Ras la couenne...
Activité du matin, canyoning ! Mais à l'ancienne cette fois. Sans baudrier. Dans un vrai canyon jusqu'à arriver à une cascade. De l'eau parfois jusqu'aux cuisses, les bottes pleines qu'il nous faut traîner. On grimpe, on monte, on descend, on glisse, on dérape, on est trempées. C'est physique. Il ne vient pas souvent jusqu'ici avec des touristes. Il faut dégager le chemin, faire demi-tour quand la route est impraticable mais à la machette. 2h ainsi jusqu'à la fameuse cascade. Celle où il veut nous emmener en vue de la cérémonie de ce soir. Méditation et tabac.

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Pas à fumer hélas

Ici pour un oui ou pour un non, mal de tête, douleur, coup de boost, ils se mettent des gouttes d'infusion dans les yeux et les narines. De 9 mois à 90 ans, on assiste à une session familiale. Tout le monde pleure, les enfants plus bruyamment.
On refuse gentiment, les yeux sont bien trop précieux pour prendre un quelconque risque.
Pour préparer l'ayahuasca de ce soir, il faut se purifier. Jeûner. Pas d'alcool ni de piquant pendant 48h. Et venir ici se coller des gouttes est recommandé.
On joue le jeu. Dans le nez.
Haaaaaaaa. Ça arrache. On voit pas bien ce que ça peut soigner...
Ça coule dans la gorge, ça fait pleurer, ça fait mal. On comprend mieux les gamins qui pleuraient...

Le retour n'est pas moins difficile, toujours aussi humide. Le déjeuner qui nous attend est bien mérité. L'heure de temps calme qui le suit aussi.

 

Ateliers récréatifs

La fin d'après-midi est au sec. A la maison avec oncle et tante. Préparation de paniers, de fils pour fabriquer des pièges. On ne va pas au supermarché ici, on fabrique !
L'oncle est un pro pour le pliage et la fabrication. Un bon chasseur doit savoir fabriquer rapidement un contenant pour ramener son gibier. On s'exécute avec patience, on s'applique. Le résultat est honorable. On en fera pas une œuvre d'art pour autant !
 

Mauvais timing

Le soir c'est l'anniversaire de la nièce de notre guide. Apero coca, chips gâteau. C'est fête !
Sauf que devant jeûner pour la cérémonie, pour notre part c'est 2h de balade nocturne à la frontale pour observer des bestioles. Pour le gâteau on repassera !

L'humidité ambiante est amplifiée par une belle averse. On coupe à travers bois, on repère de belles bêtes aux 8 pattes impressionnantes, chouettes, plantes... Pas de caïman pour ce soir. Mais une belle chute à trois sur un tronc d'arbre qui sert de pont.
Géna ayant développé depuis quelques mois (son grand âge ne l'aidant pas) un certain vertige pour ne pas dire un vertige certain, il lui faut une main de chaque côté du tronc pour qu'elle deigne traverser. Trop de poids, l'arbre pourri qui pouvait supporter une personne n'aime pas les quelques kilos de plus des deux assistants et cède. Heureusement, juste un gros mètre cinquante de chute, sans eau au fond, une belle peur et un bon four rire ensuite.

Au retour vers 20h30 la petite fête touche à sa fin. Le chaman est arrivé, on commence dans 30 min.
L’ayahuasca ou yagé est un breuvage à base de lianes consommé traditionnellement par les chamanes des tribus indiennes d'Amazonie, utilisé pour sa capacité curative associée aux croyances et pratiques locales.
Par extension, ayahuasca est le nom donné aux lianes du genre Banisteriopsis dont l'écorce sert principalement à la composition de cette boisson. Mais Wikipedia vous en parlera mieux que nous. https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Ayahuasca

On a décidé de participer à cette expérience pour aller au bout de l'aventure. Dans cette peuplade, cette cérémonie est très importante et compte tenu des jours passés ensemble, nous avons émis le souhait d'y participer.
Si les effets, symptômes, sensations, ressentis nous sont propres et nous ne les développerons pas ici, cela reste une expérience très forte. Néanmoins les symptômes vomitifs de Géna pendant de longues heures suivant la cérémonie ont quelque peu entaché ce souvenir.
On ne déconseille pas. Mais on ne recommande pas forcément non plus...

 

Quatrième et denier jour

Compte tenu de la nuit, le réveil à 7h30 est très difficile et il nous faut attendre 10h avant d'être aptes à faire quoique cela soit. Ça tombe bien, ce matin on se met en mode chercheuses d'or et braconneuses.
Si. La quête de l'or n'est pas mirobolante, on sait désormais comment s'y prendre. Ça demande néanmoins encore un peu (beaucoup) d'entraînement pour en faire un gagne pain. Surtout si l'on compte sur Amarun pour rapporter les pépites, vu qu'il perd les 4 pauvres paillettes ramassées en rentrant au village.
On est pas aidées...

La dernière après-midi se passe dans un autre village pour apercevoir d'autres bestioles.
On déguste au passage un tilapia cuit en feuille de bananier. Pas renversant. Mais on aura goûté le poisson du coin.
Des oiseaux préhistoriques, des singes, des poissons, notre balade en barque sur une lagune est reposante, parfaite en cette journée molle. Le guide est compréhensif, d'autant plus qu'il a été lui aussi très malade la nuit précédente pour sa 18ème cérémonie. Dire qu'il y en a qui recommencent...

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Après cette dernière journée en sa compagnie, on regagne doucement mais sûrement le village de Tena où un bus pour la capitale Quito nous attend.
Choc des cultures en vue...

 

Au final ces 4 jours en compagnie d'Amarun auront été une vraie expérience, au delà de nos espérances. Si les bestioles n'ont été certes pas assez nombreuses à notre goût, il en reste de nombreux souvenirs très forts en émotions.
L'impression d'une aventure unique, comme souvent en Équateur...

Publié le 09/07/2017

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