Project Description

#Trek#Rencontres#Magie#50km

Notre arrivée à Latacunga ne se fait pas sans mal. Premièrement nous n'avons en monnaie qu'un billet de 100$ et les locaux n'aiment pas. Ne prennent pas. Ne veulent pas. Disent qu'ils n'ont pas la monnaie. On se retrouve dans l'incapacité d'acheter nos seconds billets de bus. Un rabatteur décide de nous les avancer et dit que l'on fera la monnaie au péage. Ça ne nous engage à rien. On a rien payé. On est dans le bus. Ça se corse quand le péage ne veut pas du billet et que le rabatteur en question essaie de nous prendre 10$ de commission pour "frais". Quel frais ? On veut juste notre monnaie. En gros il a largement notre monnaie en main après avoir encaissé tout le bus mais il essaie de nous faire croire que ça lui coûte 10$ d'encaisser un tel billet. On se marre et dit non. Il n'est pas en position de force. On a le billet. On est dans le bus. S'il veut ses sous... Il ramène sa commission à 5$. On réitère notre véto. Il s'en va râler et sûrement chercher une autre solution. Un gamin d'une vingtaine d'années devant nous ayant entendu la conversation nous propose 100$ en petites coupures. On accepte. On ne lui demande pas ce qu'il fait avec tant d'argent. Il tente de nous expliquer qu'ici ce genre de billets n'est pas accepté, qu'il vaut mieux éviter. C'est notre dernier et il nous a été impossible de le refourguer avant. Il y a un moment, dans la mesure où il est vrai et su de toute évidence qu'ils paient tous et tout en cash, de la monnaie il y en a !

Le cono de service n'ayant pas dit son dernier mot, il nous arnaquera de 20 cents sur le prix de chaque billet. On cautionne, on lui dit que l'on sait que ce qu'il fait est mal, que ce n'est pas le prix, mais que si ça l'amuse et qu'il veut vendre son âme pour 20 centimes. Le bus tout entier lui dit que c'est mal, que ce n'est pas le tarif... On laisse tomber. Le voir passer pour un con n'a pas de prix. Stupide.

 

La pluie fait des claquettes

Non sans mal car c'est sous les gouttes que nous arrivons enfin à notre hôtel. Il commence à faire nuit. Pas fou comme comité d'accueil. On cale nos affaires dans cette auberge familiale où les gens sont adorables, on part en quête d'informations pour notre randonnée de trois jours à Quilotoa et grailler un morceau. La pluie a cessé, les empañadas et hamburgers de rue nous réjouissent et nous font oublier que notre recherche d'infos a été vaine. Pas grave on improvisera.

 

Trek jour 1

La flemme et les aliens dans le ventre de Géna nous font quelque peu renoncer à notre première journée. On se la joue en bus, en deux temps. Première étape à Sigchos d'où nous aurions dû partir pour la randonnée. On y fait qu'une balade au marché puis pique-nique d'en haut d'une colline qui surplombe la ville. Plus sage, cela permettra de mieux profiter de la suite d'autant qu'on a lu partout que ce n'était pas la partie la plus intéressante. Ça se confirme dans le second bus que l'on prend jusqu'à Isinlivi. Chemin sur la route. Gravier. Ça monte. Ça tourne. Paysages pas fous. On a eu raison et ces quelques heures de gagnées font du bien aux boyaux.

Oooo la belle vie

En arrivant dans ce bled perché dans la montagne, surprise, l'hôtel est juste top, beau, chaleureux, avec une vue incroyable, du thé à disposition, des hôtes adorables (ils ont appelé une amie d'un autre village plus haut dans la montagne pour qu'elle monte dans notre bus vérifier si la polaire oubliée par Fred n'y serait pas encore. En vain.) Bref on a un gros coup de cœur en arrivant et on passe les deux dernières heures de l'après-midi à bouquiner face à chouchou, un veau dont la mère est décédée en couche 3 semaines plus tôt. Grosse entrecôte sur pattes adorable.

Au dîner, qui est inclus dans ce type d'auberge, (13,50€ pour la nuit avec dîner et petit-déjeuner, le tour au top), on est une grande tablée de randonneurs. Celle que l'on s'apprête à faire nous amènera jusqu'à la lagune de Quilotoa au sommet d'un volcan. On a choisi dans ce sens pour se garder le clou du spectacle à la fin. D'autres la font dans l'autre sens. On échange des tuyaux sur les circuits, les hôtels, les durées. Le dîner est très bon si l'on fait abstraction de la banane frite dont même la vue nous soulève désormais le cœur. L'ambiance est sympa, 6 néo-zélandais, 3 couples dont seule la coincidence les a fait se retrouver ici car ils ne se connaissent pas, un polonais, une française et un tchèque. Mélange hétérogène en âges, sexes, provenance. Moment agréable. Lit assez tôt. Demain 8h on attaque.

 

Deuxième jour, enfin une vraie randonnée

Le petit-déjeuner est à l'image du reste, au top. On se laisse même surprendre par l'omelette qui arrive après le yaourt, fruits, café, pain, avoine. Plus faim. Mais il nous faut des forces pour affronter les quelques heures qui arrivent. Sur les 4 à 6h de randonnée annoncées, nous n'en mettons que 3h30. Comme le couple de néo-zélandais et le polonais qui suivaient également la même direction. Comme c'est trop peu pour nous et même si nous avons été bluffées par les vues, les rencontres animales plus qu'humaines, les paysages, nous décidons de poursuivre avec 7 km de route jusqu'à une fromagerie.

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Ce que nous ignorons à ce moment c'est que ce sont 7 km de montée pure et dure. De zigzags, de chiens cons qui barrent la route, de nuages qui font baisser la température de 10 degrés et d'impression de sans fin qui nous habite. Heureusement la vue est top et lorsque nous arrivons enfin, il est l'heure de déjeuner. La fromagerie tombe à pic !

 

Une chance sur 2

Ce que nous ne savons pas c'est qu'il y a 2 fromageries dans ce village. On s'arrête donc à la première sans se douter de l'existence de la suivante. La plus rustique donc. Les règles d'hygiène sont inexistantes. C'est dans son jus. Pour la modique somme d'un dollar un "Pablito" nous fait la "visite". Deux pièces, des explications un peu difficiles à comprendre. Une dégustation. Des photos. Original. Il nous explique qu'il y a le fromage frais pour les locaux et le fromage raffiné deux mois pour les touristes. Qu'ils appelent d'ailleurs "le fromage à touriste". On demande à goûter celui des locaux également. Un peu insipide. Sorte de mozza bas de gamme. On achète un morceau de fromage à touriste pour le déjeuner. Ça ressemble de loin à quelque chose de chez nous. Ça fait du bien. Parfait à avaler avec du pain et une vue à couper le souffle sur la vallée.

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Bouuuuhhhh

Lorsque l'on entreprend notre redescente, cela coïncide avec l'heure de la fin des cours. Les nains ont classe de 7h à 13h ici. C'est donc accompagnées d'une quinzaine de gosses que nous faisons 30 min de marche, eux regagnant leurs habitations dans les collines, nous, plus lointainement, notre hôtel. Si au début ils sont intimidés mais également très curieux, ils vont vite se détendre quand on va commencer à jouer avec eux. En même temps ça fait 10 min qu'ils sont à 2 mètres de nous, derrières, à chuchoter, nous épier. Ça se transforme en "trap-trap", en guili, en course poursuite, en fou rire. Les filles encore plus timides vont se joindre à nous.

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On est presque tristes de se séparer si rapidement. Le temps d'une photo ou deux pour graver ce moment et nous reprenons notre bonhomme de chemin tranquillement. Au retour, plus simple, des raccourcis nous font gagner un temps précieux en coupant les virages. On s'épargne les zigzags et vers 15h30, juste avant la pluie, on découvre notre second hôtel au top, nos néo-zélandais et notre polonais, le poêle à bois et une soirée à laquelle s'ajoutent deux françaises en vacances dans le coin visiblement dégoutées de nos différents projets de voyage et manquant considérablement de temps en visitant ce pays en deux semaines.

Car le polonais est parti depuis 4 mois et ne rentrera pas avant la fin de l'année et le couple de cinquantenaires néo-zélandais, après avoir décidé d'arrêter de travailler et retapé leur nouvelle maison à Auckland, ont entrepris de vivre de voyages comme dans leur jeunesse avant d'avoir des jumeaux qui ont désormais 20 ans. 2 mois en Amérique du Sud pour commencer, l'Inde en novembre... Si ça c'est pas un super mode de vie ! #nousvouloiretrerichesaussi

 

Jour 3

Même combat, petit-déjeuner de compétition et cette fois c'est à 5 que nous partons, tous ensembles, néo-zélandais, polonais, pour atteindre notre objectif de lagune. Ça n'est pas sans mal car le polonais n'est pas en forme et ça grimpe sévère. D'ailleurs Géna a l'occasion de râler (un peu également au sujet de ce dénivelé). Les vallées, falaises, chutes d'eau sont toujours somptueuses. Aux milles couleurs. Aux cents reliefs.On papote, moins dans les côtes, mais c'est très plaisant sous ce soleil.

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Enfin ça c'était avant

Car le soleil il va vite aller se cacher derrière les nuages plus on va monter en altitude pour finir par être en plein brouillard. Il caille. On ne voit rien. Désolant surtout après tant d'efforts pour apercevoir la lagune. Car en effet quand on arrive, difficile d'imaginer un lagon bleu, un volcan. Seul un mur blanc nous fait face. On se dit que l'on va rester une nuit de plus pour profiter du lever de soleil de demain et faire une randonnée avant de prendre le bus. Ça change un peu nos plans mais il est hors de question de repartir sans l'avoir vue.

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Puis au bout de 10 min alors que le moral est en berne, une fenêtre. Impression de déjà vu, le glacier Franz Josef nous avait fait le même coup en Nouvelle-Zélande. Magie de la météo. Soleil. Vent qui pousse les nuages. La brume. Et elle apparaît là. Sous nos yeux. Magique. Les ayant un peu distancés, on invite les néo-zélandais à se presser pour être sûrs de ne pas louper cela. Finalement les nuages ne reviendront jamais complètement, nous offrant 2h de spectacle sur le dernier tronçon de route qu'il nous reste à faire sur la crête en prenant bien notre temps. Inutile de rester une nuit donc. Vers 15h le temps se couvre de nouveau. Comme si tout cela ne s'était dégagé rien que pour nous. Parfait. On partage tous une bière de la victoire avant de sauter dans un bus avec le polonais direction Latacunga.

Les deux néo-zélandais restent sur place à bouquiner et ne repartiront que demain vers d'autres aventures. Nos chemins se séparent. Mais cette randonnée restera gravée dans nos mémoires comme l'un des plus beaux moments de l'Equateur, voire du tour du monde. Publié le 17/07/2017

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