Project Description

#Rangoun#Soleil#Sourires#Déambulations#40km

Arrivées en Birmanie après la Chine c'est un peu comme aller à la plage se baigner dans une eau à 35 degrés après 6 mois d'hiver. Il fait chaud. Il fait beau. Ça fait du bien. On se sent bien. On renait.

Jour 1

On passe outre le problème de visa à l'arrivée qui nous a valu un racket de 10$. On l'oublie rapidement car notre chauffeur réservé qui nous attend patiemment depuis 1h pendant qu'on payait notre pot de vin nous accueille souriant. Adorable. Désolé pour nous et nos soucis. Porte nos sacs. Enfin essaie de les porter car on refuse. Il garde même le sourire quand on lui dit qu'en plus on doit faire changer de l'argent et donc affronter cette longue queue. Comble. Il nous remercie de lui présenter nos excuses pour tout ce dérangement. Il fera même la discussion à Fred sur les voyages et le guide touristique pendant le trajet en voiture. De quoi faire redescendre la pression, se dire qu'on va arriver à bon port sans nouvel encombre. Il fait 35 degrés. Il est 14h. On a la vie devant nous.

Les 50mn de trajet en voiture nous permettent de nous imprégner un peu des lieux. Des pagodes en veux-tu en voilà, des voitures par centaines, des hommes en tenue traditionnelle portant le longyi, sorte de jupe droite et élégante portée le plus souvent avec une chemise dans le haut.

L'auberge est à la hauteur de nos espérances et l'accueil nous laisse espérer que les guides, reportages et autres retours sur expériences étaient exacts. Les birmans sont agréables, souriants, accueillants, serviables. Même si nous avons en horreur ce mot et qu'il est hors de question que l'on se fasse assister. Les premières impressions pédestres de la ville sont aussi bonnes. Le contraste chinois est étonnant car dès les premiers mètres nous rencontrons des sourires. Spontanés ou pas. Ils sont là. Un peu partout. Un prêtre d'une cathédrale orthodoxe nous saluant d'un "hello" des plus chaleureux et souriant viendra même arracher une grosse montée de sanglots. Comme le planter de drapeau blanc après la bataille. L'expérience humaine chinoise est derrière nous. On va de l'avant. La pénombre tombe vite. Très vite. A 18h il fait nuit, la plupart des vendeurs de rue remballent. De toute façon la nourriture à base de friture et de plats type curry ne nous donne que peu envie par ces températures. Le macadam retient la chaleur, la circulation dense renforce cette impression d'étouffement. Impossible d'avaler quoi que ce soit avant quelques heures. Avant le petit déjeuner de l'hôtel de demain.

 

Jour 2

Car en Birmanie le petit déjeuner est quasi systématiquement compris. Ça va de 2 toasts et café au buffet selon les lieux. Ici on tombe bien et on attaque cette première journée complète le ventre plein de noodles (oui encore) et de jus. De quoi assurer nos premières déambulations le ventre plein.

Direction le marché Bogyoke. Vendu comme la visite à effectuer à Yangoun, cela s'avèrera être un repère à touristes. Des pierres précieuses et du tissu. Des échoppes par dizaines. Des flots de touristes. Ça vaut le détour en passant. Mais vite fait.

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Nos pas nous mènent ensuite jusqu'au Rangoon Hospital dont l'architecture contraste grandement avec les immeubles insalubres et la plupart des rues et des building en devenir de part et d'autre. Il fait chaud cela fait déjà quelques heures que nous marchons et nos corps ne sont pas encore acclimatés. Une pause studieuse climatisée à l'auberge avant de ressortir dîner un plat typique de "Noodles à la Shan" et de faire une petite marche digestive dans le noir est donc de rigueur. Peu d'éclairage public. Les yeux ont du mal à s'habituer à cette obscurité. La circulation est encore dense, les phares des voitures nous éblouissent. Les klaxons se font plus présents, les passages piétons plus rares. Être piéton de nuit n'est pas de tout repos ! Avant de rentrer, un rapide passage dans un supermarché nous permet de nous rendre compte que le coût de la vie est plus élevé qu'en Chine contrairement à nos lectures. Qu'à part manger des samoussas tous les midis et soirs dans la rue, nos repas et passages à la caisse seront plus onéreux que prévus. Note pour nous-mêmes : revoir le budget nourriture à la hausse. Voilà qui clôture cette première journée.

 

Jour 3

Cette troisième et dernière journée dans la capitale s'annonce dense et propose une véritable immersion dans la vie birmane. Le matin nous empruntons le train circulaire de la ville. Sorte de RER pour les parisiens, en plus typique mais en tout aussi aléatoire niveau horaires. Le chef de gare nous fait signe de nous dépêcher du bout du quai, le temps d'acheter nos billets à 2 francs 6 sous et nous sautons juste à temps dans le train. Timing parfait. Les wagons font le tour de la ville, en 3h, s'arrêtant toutes les 5 min dans des stations où des birmans montent et descendent en continu. Les abords des gares sont faits de villages marécageux tenant davantage du bidonville que de "rues" et de "maisons". Les quais quant à eux sont souvent occupés par des vendeurs de fruits et légumes, laissant souvent peu de place aux voyageurs pour attraper le train à temps. Les wagons sont remplis de locaux et les touristes se font rares. Pour notre plus grand plaisir, cette visite n'a pas encore été prise d'assaut par les autocaristes et autres tours opérateurs. Les presque 3h passent aussi vite que le train chemine lentement sur ses rails. Nous avons arrêté de compter les sourires sur les quais, les signes de la main et les regards chaleureux tant ils sont nombreux. Voilà qui nous prépare à affronter ces 3 prochaines semaines dans les meilleures conditions qui soient.

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Nous sautons du train 1 station avant que la boucle ne soit bouclée pour rejoindre notre seconde étape de la journée, la pagode Shwedagon. THE pagode. Le Vatican des bouddhistes, leur Mecque perso. On enfile nos jupes improvisées afin de cacher nos magnifiques genoux et pénétrons dans l'antre sacré. Lieu de vie tout autant que de culte, les birmans sont nombreux en ce samedi après-midi. Quiétude appréciable après le tumulte de la ville, nous passons 3h dans cette enceinte à attendre le coucher du soleil pour découvrir les nombreux stūpas éclairés de mille feux. L'attente en vaut la peine d'autant que nous ne voyons rien passer de ces 180 minutes. Les touristes se font désormais beaucoup plus nombreux, les guides recommandant de venir à la tombée de la nuit. Nous avons eu beaucoup de chance de partager ce moment calme l'après-midi, loin des flashs et des séances photos posées. 2 visions de la pagode aux antipodes l'une de l'autre.

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Bilan de la journée
- 1 billet de bus acheté pour quitter la ville le lendemain
- 2 bananes offertes par une dame dans le train
- 1 bonbon ouvert pour un gamin en galère de gourmandise
- 3 cafouillages à cause d'une encore trop mauvaise adaptation aux monnaies locales (kyats et dollars)
- 200 sourires (minimum)
- 5 conseils spontanés de la part de locaux
- 19 dumplings avalés
- 1 pique nique acheté pour l'ascension de lundi
- 142 photos prises
- 18 jours restants dans ce pays

Publié le 19/11/2016

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