Project Description

#Hpa An#Mont Zwe ka bin#Grottes#30km

Ne vous méprenez pas. Aucune allusion à une jolie birmane rencontrée sur le chemin, davantage à une ville où nous nous posons 4 jours. Située plus au sud, à 5h de Rangoon et 2h30 de notre précédente étape au Golden Rock, cette ville n'a à proprement parlé aucun intérêt, elle jouit juste d'une campagne environnante très attractive. Le bourg tient en quelques rues délimitées par les champs où l'on cultive avec ardeur et par le fleuve Than Lwin.

Le bus nous dépose en pleine nuit noire (18h45) à 200 mètres de l'auberge réservée. La nouvelle bonne idée de Fred, suivre le trajet du bus sur le GPS, d'une part parce que comme cela on est sûres que l'on va dans la bonne direction (ça a l'air de rien mais depuis qu'on a failli prendre le mauvais bus en Chine, on est un peu plus sur la réserve niveau trajet), d'autre part car si le bus passe proche de notre point d'intérêt, on la joue à la Birmane, on demande au chauffeur de s'arrêter et de nous jeter, économisant ainsi du temps de trajet et le taxi jusqu'à l'auberge. Elle est pas belle la vie ? On embarque avec nous 2 français présents dans le bus, ravis de découvrir cette solution et de se voir emmener à une auberge toute proche alors qu'ils n'ont rien réservé. Une pierre 2 coups. Un dîner plus tard, on se couche dans ce qui sera notre 12ème lieu de résidence depuis le début du voyage. Hôtel propre et efficace mais un peu trop repère à occidentaux. Drôle de découvrir les environs le lendemain matin depuis la terrasse du petit déjeuner. Arriver de nuit fait toujours cette impression étrange. Quitte ou double. Là la vue est top, le cadre aussi, on imagine au loin ce qui nous attend au fil des prochaines heures. Pics karstiques, campagne, montagne, cours d'eau et paysages à couper le souffle.

 

Tuk tuk tuk, y'a quelqu'un ?

Programme du jour : tuk tuk ! Après 7h de rando la veille, on décide de faire nos touristes et de tester ce moyen de locomotion évité en Chine. Le principe est simple, 5$ par personne, 6 dans un véhicule qui nous emmène faire le tour des 7 points d'intérêt à plus ou moins 30 kilomètres de la ville. Attention ça va secouer ! Car le tuk tuk c'est pas la Rolls Royce des moyens de locomotion. Ça secoue. Ça gigote. Ça fait du bruit. Ça flingue le dos. Mais c'est idéal pour avoir une vue top, monter descendre à volonté et se déplacer local. Le coup de chance de la journée, c'est la rencontre à bord. Une famille de globe trotters suisses en tour du monde (les parents et 2 enfants). La dizaine d'heures ensemble n'est qu'échanges d'expériences, d'aventures, de nouvelles idées, de nouvelles envies. Une belle rencontre qui donne une touche encore plus sympa à cette balade.

Hpa an
Hpa an Hpa an
 

Revenons à nos moutons. La journée. Des caves. Comprenez des trous dans les pics où les birmans trouvent toujours le moyen d'y coller un temple. Nous qui pensions crapahuter dans les grottes nous retrouvons à nous déchausser toutes les 30 min. Note pour nous-mêmes, prévoir les tongs la prochaine fois ! Plus ou moins grandes, plus ou moins sombres, plus ou moins entretenues, chacune a sa personnalité, chacune son histoire. Le rythme des visites est assez soutenu mais chaque nouvelle découverte nous réjouit et les trajets entre chaque point nous offrent des vues somptueuses. Les heures défilent sans que l'on ne se rende compte de rien. Arrive la pause déjeuner. Déposées au bord d'une piscine "naturelle" où les locaux se baignent habillés, ce lieu est entouré de restaurants offrant du fried rice et des noodle bon marché. Après avoir demandé si cela posait problème de se mettre en maillot auprès d'un birman qui nous répondra "mais vous vous baignez comme vous voulez", nous qui hésitons à nous baigner enfilons finalement le maillot pour 1h de jeux débiles. Il y avait les 2 enfants suisses, les voilà accompagnés de 2 gamines parisiennes. L'eau est rafraîchissante et cela faisait longtemps que l'on attendait l'opportunité de nous jeter à l'eau.

Après une bonne heure dans l'eau, les visites reprennent et les alentours se révèlent toujours aussi surprenants. Tantôt vert flashy, tantôt rouge pourpre, les couleurs changent selon la lumière. Seule la dernière visite, peut-être celle de trop ou tout du moins avec la grotte la moins impressionnante, ne nous laisse pas rêveuses (bien que nous apprendrons le lendemain au petit déjeuner auprès d'autres touristes qu'au fond du chemin longeant cette grotte se trouve une autre piscine naturelle. Cela fera donc l'objet d'une autre visite). Pour finir cette journée, nos compagnons de route du jour ont la bonne idée de demander au chauffeur de nous déposer à la pagode de Hpa An surplombant le fleuve et offrant un point de vue formidable pour le coucher du soleil. Il accepte. Nous arrivons pile à temps. Le moment est parfait. Une petite pirogue passant sur le fleuve viendra même se glisser dans le cadre de la photo du sunset. Clic clac c'est dans la boîte. A défaut de monks qui prennent l'apéro ou d'éléphant faisant du monocycle, ces photos resteront autant de souvenirs d'une journée bien remplie.

Hpa An la belle. Toi qui n'offres que peu de ta ville mais as tellement à proposer aux alentours. Nous avons encore 3 jours avec toi. Et nous en sommes ravies.

 

Hpa-Pu, quand y'en a pu, y'en a encore !

De ce fait le 2ème jour se fait plus cool. Le temps de mettre à jour le site, de bouquiner, de siester, de prendre le temps. Vers 14h et un tour dans la ville plus tard, nous prenons une pirogue qui nous emmène de l'autre côté de l'eau (dédicace aux normands) pour grimper ce qui sera notre spot pour le coucher du soleil. Après la traversée, nous voilà au pied du mont, le Hpa-Pu, reste à l'escalader. Car escalader est bien le mot. Si la premier partie faite de marches irrégulières est accessible, la seconde faite de passages rocheux, terreux, glissants, d'échelles de fortune n'est pas accessible aux plus jeunes ou aux randonneurs sujets au vertige. Une fois arrivées au sommet, il ne nous reste qu'à attendre que le soleil aille rejoindre les montagnes. Une heure de quiétude à 3, Fred, Géna et le stüpa. La vue à 360° est saisissante, le balai de libellules incessant. Seules au monde le temps d'admirer ce moment précédent la redescente avant la nuit noire. La pirogue de retour nous offre un dernier spectacle d'ombres chinoises et de vues captivantes.

Vue du Mont Hpa Pu (Mont Zwe Ka Bin au fond)
 

Hpa An la belle, toi si peu plaisante à première vue, on te découvre ravissante.

 

Et ça va durer !

Troisième jour. Après le tuk tuk et la pirogue, nous passons au scooter. A chaque jour son moyen de locomotion ! Celui-ci offre la liberté d'aller où bon nous semble, même dans les chemins quasi impraticables. Ayant repéré quelques coins lors du tour en tuk tuk, nous enfourchons notre 2 roues. Au programme, baignades, balades, photos, repérages pour la rando du lendemain. Les heures filent comme les kilomètres, les découvertes au détour d'un sentier sont innombrables. Des couleurs toujours, des sourires encore et l'impression d'avoir trouvé sa place au bout du monde le temps d'un instant. La journée se termine par la fameuse "Bat cave", grotte d'où sortent pas moins de 300 000 cousins de Batman, comprenez chauve-souris, tous les soirs à la tombée de la nuit. Si le bruit est assourdissant, le flot continu de presque 30 minutes de bébêtes est impressionnant.

Bolide à 2 roues à Hpa An 20161124_070957
 

Le retour dans la nuit est par contre beaucoup moins sympa. Les phares du scooter fonctionnaient en partant du loueur le matin. La (pas) bonne surprise c'est qu'ils ne fonctionnent pas en roulant. Sauf si l'on prend en compte la seconde sur 10 où c'est allumé. Dans une route qui est aussi bien éclairée que Bagdad après des bombardements, nous vous laissons imaginer ce que cela peut donner. Chaotique.

Une soupe thaï, un plat de légumes sautés et la rencontre d'un "vendeur de glaces" hors norme plus tard et il n'en est plus rien si ce n'est les souvenirs de paysages contrastés ponctués de sourires. Le ventre plein d'un sandwich pain de mie, boules de glace au parfum indéfinissable et quelques noix de coco confites sur le tout viendra accélérer le processus déjà très amorcé de mise en sommeil. La digestion birmane, ça a du bon.

Après l'effort...
 

Je grimperai, tu grimperas, nous grimperons

Quatrième et dernier jour à Hpa An, ascension du Mont Zwe ka bin avant de prendre le bus de nuit qui nous approchera du lac Inle dans le nord du pays. Départ 7h45, le ventre plein de curry de patates et de petits pains frits. Les petits déjeuners de l'hôtel ça a quand même du bon ! Voulant esquiver les taxi hors de prix, l'idée du jour c'est de prendre un bus public. 500 kyats par personne contre 5 fois plus pour son grand frère taxi. La bonne affaire a un coût, après l'avoir cherché 15 bonnes minutes, refusant les propositions diverses et variées de transports privés, il nous faut attendre 45 minutes de plus que le tuk tuk se remplisse avant de partir. Bref une heure s'écoule depuis notre départ lorsque nous sommes larguées au bout d'un chemin de terre, chemin qui nous guide tout droit aux marches permettant l'accès au sommet. Ce chemin est moins long que prévu puisqu'un jeune homme torse nu chevauchant sa pétrolette comme s'il chevauchait une licorne crinière au vent nous propose de nous approcher de notre point de départ. Comme une proposition du genre ne se refuse pas, nous voilà à 3 sur sa 125cm3, à au moins 80km zigzagant dans la campagne Birmane. Normal ici. Du temps précieux gagné car le soleil est désormais bien haut et même si une partie de la montée se fait à l'ombre, les zones ensoleillées s'avèrent très difficilement supportables. Il doit faire 35° sous le cagnard, on sue comme jamais, même des genoux, le long des tibias... L'ascension n'a rien de difficile en soit, par 15° elle serait presque facile. Mais là ! Le monk en bas nous dit 1h de grimpette, 1h30 avec pauses. Les guides disent 2h. En mettant 1h30 nous somme donc à mi chemin entre le touriste lambda et l'homme de Bouddha.

Mont Zwe Ka Bin une fois en haut
 

La vue du haut à 360° est top. Nous retrouvons ainsi ce qui a fait ces 3 derniers jours. Les chemins empruntés, les monts escaladés, les jardins où nous nous sommes baladés. Bon résumé de ce passage à Hpa An. L'instant au sommet est d'autant plus sympa qu'il est ponctué d'une rencontre avec un couple de bretons avec qui nous entreprendrons ensuite la descente. Quelques retours sur nos expériences birmanes, des bons plans en Indonésie, des idées de balades, nos échanges sont constructifs et sympas. Bizarrement personne n'est intéressée par nos bons plans Chine... Étrange non !? La redescente sur l'autre versant n'est pas aisée et le soleil tape plus fort. Nous sommes bien contentes d'arriver en bas au bout d'une heure.

Après avoir quitté nos français et leur scooter, il ne nous reste qu'à trouver comment rentrer sur Hpa An situé à une quinzaine de kilomètres. Les rares taxis veulent 5 000 kyats. Hors de question. Nous arrêtons donc ce qui semble être un bus public comme ce matin. Le chauffeur nous dit OK. Les 6 femmes derrière nous disent qu'elles ne se rendent pas dans cette ville. Monter ? Pas monter ? Ensuite le chauffeur dit OK Hpa An mais ce soir. Nous n'avons pas le temps d'attendre 3h et repartons à la quête d'un autre moyen de locomotion. La voiture nous double et une des femmes derrière nous dit "I want to help you". Ok mais comment ? En fait ces 7 femmes birmanes, une se cache à côté du chauffeur, sont en balade car l'une d'entre elles est en visite dans la région. Elles vont d'un temple à l'autre et comme elles veulent nous aider, elles nous embarquent et changent leur plan. Comme nous ne sommes pas pressées, le bus est dans 5h, nous leur faisons comprendre de ne pas se presser et allons donc ensemble au rocher déjà visité il y a 3 jours. Elles vont prier pendant que nous avalons un Coca pour nous requinquer et achetons des friandises pour les remercier. Friandises que nous prendrons copieusement dans la tronche car elles ne veulent pas que nous leur offrons même si certaines succombent à la gourmandise et goûtent. Victoire ! Par contre nous sommes obligées d'accepter, avec grand plaisir, les morceaux de pastèque achetés rien que pour nous. Le monde à l'envers, celui de la gentillesse et du don de soi. Après une trentaine de minutes de route, elles nous déposent à 200m de notre hébergement, garées à la nouvelle pagode qu'elles vont visiter. Les au revoir sont touchants, les coucous se poursuivent même au loin. La journée est ensoleillée. De sourires. De ces moments précieux.

Nouvelles bff birmanes Vue du Mont Zwe Ka bin
 

Hpa An la belle, nous te quittons ce soir, mais sache que c'est à regret. Tu nous as tellement donné...

  Publié le 25/11/2016

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