Project Description

#Kalaw#Trek#Inlé#52km

Kalaw, 70km du lac Inle, destination du jour.
Cette ville sans intérêt est le point de départ de nombreux treks de 2 ou 3 jours rejoignant l'étendue d'eau. On y arrive après une nuit dans le bus, bus rempli d'occidentaux, signe que la bonne idée est déjà devenue hautement touristique.

 

Kalaw

Débarquées à 7h, on s'arrête déposer les sacs à la guesthouse avant d'entreprendre une première étape de l'étude de marché des agences proposant les escapades montagneuses.
Nous nous rendons en premier lieu chez Sam, lieu recommandé dans tous les guides qui, à priori, jouit d'une notoriété sans limites au vu des dizaines de blancs qui attendent leur départ du jour. Comment dire. Tout ce qu'on n'aime pas. On décide donc d'attendre que tout ce petit monde décolle pour sa balade pour revenir plus tard nous renseigner et on en profite pour pousser notre étude du jour.
Le hic c'est que les bretons rencontrés la veille au sommet du Zwe Ka Bin nous ont comme qui dirait donné grandement envie de faire un autre trek de 2 jours plus au nord du pays. Seul problème, on manque quelque peu de temps et si l'on décide de le faire, il nous faut revoir l'ensemble de notre programme et libérer 48h. Dilemme. Si l'on veut vivre cette deuxième aventure il va falloir passer ici d'un trek de 3 jours à un de 2 jours et rogner sur la suite.

Autre problème les treks de 2 jours ici sont en fait les mêmes que ceux de 3 jours en n'effectuant pas la randonnée du premier jour, la plus intéressante d'après nous, celle qui offre le plus de diversité en terme de paysages et de reliefs.
On va passer quelques heures à réfléchir, à tenter de voir comment concilier le tout, à se tourmenter un peu. Speeder vs se poser, 3 jours vs 2 jours...
D'où au final notre demande un peu spéciale auprès de quelques agences. Faire un trek de 2 jours en zappant le troisième jour et non le premier. Certaines riront. D'autres diront non. Une proposera quelque chose. Il semblerait que notre demande soit une première. Comme les exigences ont un prix mais que la qualité également, nous prendrons cette formule certes plus chère mais c'est la garantie de voir ce pour quoi nous sommes venues et de profiter d'un guide rien que pour nous là ou d'autres devront se le partager entre 12 personnes.

 

Premier jour de trek

Contentes de nous et de notre trouvaille, nous partons préparer nos sacs. Départ demain 8h30 pour 25km de marche jusqu'au village où nous passerons la nuit.
Plantations de thé, champs de mandariniers, piments, gingembre, colza, forêts de pins et d'arbres divers, rizières en pagaille. Voilà ce qui rythme notre première journée. Le soleil est au rendez-vous sans être trop accablant. Nous sommes en altitude et désormais au nord du pays, les températures sont davantage supportables.

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Notre guide, Wilfried a 20 ans. En fin de formation, il est en passe de devenir guide officiel et d'avoir sa licence. Nous lui avons laissé sa chance même si spontanément le manager ne l'avait pas proposé pour ce périple. Les autres guides étaient bookés et comment accroître son expérience si l'on ne se lance pas un jour ? Il est jeune, cela se sent parfois, mais il est souriant et sympa.

Pour nous tester, il nous semble, il démarre fort. Ses longues jambes frêles enchaînent les pas à un rythme soutenu. Comme on le suit aisément, il gardera ce rythme les 2 jours où presque. Parfois trop rapide, on prendra le temps qu'il nous faut pour le faire redescendre. On comprendra juste avant de se quitter qu'il s'est mis la pression tout seul nous informant que l'on est un groupe rapide lorsque nous bouclons les 27km avec 1h d'avance. On lui dit que c'est lui qui donne le rythme, connaissant les points de repères et exigences du parcours et qu'en aucun cas nous avons la volonté de l'épuiser. C'est trop tard. Il dormira les 40 minutes de taxi à la fin du trek. Au bout du rouleau le petit .

Jeune donc. Mais intéressant. Même s'il ne va pas toujours spontanément aux devants des informations judicieuses sur ce que nous rencontrons, il répond toujours à nos questions précisément. Il vient de passer 4 ans à l'université à étudier l'économie. Davantage l'équivalent d'un bac pro. Il a 3 petites sœurs, il n'est pas marié, s'étonne que nous ne les soyons pas également à nos âges, est guide depuis quelques mois, aime la musique, sait dire "c'est parti mon kiki" en français et est chrétien. Détail qui a son importance dans un pays à dominante bouddhiste. Nous échangerons souvent durant ces 2 jours autant au sujet de la France que de son pays. Donnant donnant.

Au fil des heures, nous nous confortons dans notre choix. Louper cette première journée aurait été fort dommage. Les cultures, les couleurs, les visages, ce soleil. Tout est parfait et nous fait oublier certaines parties plus abruptes. Le chemin est rythmé de pauses, toutes les 2 heures, pour boire un thé et collationner. Ça fait partie de leur concept. Un peu mamie le concept.
La première près des champs des arbres à mandarines que nous pouvons goûter le temps d'un arrêt dans une maison locale, des femmes triant le thé à même le sol à nos côtés. Étrange sensation de se restaurer pendant que les autres travaillent.

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La seconde pour la pause déjeuner au sommet d'une montagne avec un point de vue formidable. Nourriture indienne. Fruits. Impeccable. Une dernière à la "gare" où nous goûtons le thé birman au lait concentré. Moins emballées. Trop sucré et amer.
Nous terminons la journée par une arrivée plus tôt qu'escomptée dans le village de Taung Lar. Juste le temps d'admirer le soleil se coucher derrière la montagne et les femmes mener à la baguette leur bestiole de buffle, les emmenant prendre un bain dans une grande mare boueuse. Spectacle saisissant.
Notre maison pour la nuit est pour le moins typique. En bois, les planches suffisamment espacées pour sentir l'air et voir ce qu'il se passe dehors. Sur pilotis, le rdc est fermé pour entreposer outils et animaux. Canards dans le cas présent. Pas de cochons. Ouf.

Notre guide s'agite en cuisine. Car en plus de balader les gens, il fait à manger à chaque étape. Sa mère lui ayant appris à cuisiner, c'est une aubaine. N'étant toujours pas plus à l'aise avec le concept de "je ne fais rien pendant que les autres travaillent", on propose notre aide aux fourneaux.
A défaut d'avoir une réponse positive, on restera 1h autour du feu à regarder l'artiste, à poser nos questions, à profiter de l'instant avec les différents passages des habitants de la maison. Les parents. Une fille, un fils.
On comprend rapidement que nous sommes clients. Pas invités. Que d'habitude chacun reste à sa place. Et que le repas se fera chacun de son côté. Dommage. Après réflexion il en est de même pour une chambre chez l'habitant chez nous. On a juste l'envie de pousser un peu plus loin l'expérience et l'inactivité ne nous intéresse pas.
Au menu ce soir, à manger pour 4 personnes au moins. Riz. Évident. Légumes divers et variés, chacun cuisiné et présenté séparément. Chou-fleur, haricots verts, gousses de pois, sorte de salade cuite, poulet sauté et petit bouillon gingembre. On fait honneur au cuisinier. Mais repues on en mange que la moitié. Cela a l'air de les étonner. Pourtant s'ils savaient que déjà on a bien forcé.
Pour la balade digestive, direction le village. Nuit noire et ciel étoilé impressionnant. On voit même la voie lactée comme jamais. Les repères sont bafoués. La Grande Ourse à l'envers. A l'opposé. On joue à "Où est Charlie" version étoile.

La maison voisine accueille également 2 touristes anglais avec un guide de notre agence rencontré hier. Un feu est allumé, notre guide sort la guitare et c'est tous ensemble que nous passons une heure au coin des flammes à écouter des chansons birmanes et à tenter quelques tubes internationaux. Mais le guitariste est chauvin et ne connaît que les accords de son pays. Le chanteur a lui une préférence pour Adèle et autres airs plus occidentaux. Des compromis sont néanmoins trouvés. Rapidement rejoints par quelques enfants et occupants d'une nuit de la maison voisine, nous nous retrouvons à une dizaine à tenter de nous réchauffer autour du foyer.
21h30. Il est l'heure d'aller retrouver Morphée, demain le réveil sonne à 5h30.

 

Deuxième jour de trek

La nuit est un peu dure, les "matelas" à même le sol sont très minces et le gras de nos hanches ne suffit pas à compenser. Bonne surprise, il ne fait pas si froid. La nuit sera donc assez reposante.
Peu après 6h, un riz sauté accompagné d'un œuf avalés, nous partons pour les 27km du jour. Le village se réveille doucement, les autres touristes émergent à peine. Nous partons avant tout le monde car nous avons l'impératif d'arriver assez tôt à notre destination finale.
La première heure n'est que montée pour passer de l'autre côté de la vallée. Le lever du jour et les paysages somptueux attenuent la mise en route un peu difficile et il est déjà 8h lorsque nous atteignons le village suivant où du tofu grillé et un thé viennent récompenser l'effort matinal.
8h. L'heure d'aller à l'école pour les plus jeunes. Nous assistons donc à un défilé d'enfants aux longyis verts, couleur traditionnelle des écoliers. Beaucoup passent par notre échoppe pour acheter un petit déjeuner, un goûter, une friandise souvent non identifiée. Drôle de balai.

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Le reste de la journée est plus facile, plus plat. Nous avalons les kilomètres. Le temps est moins ensoleillé. D'autres couleurs. D'autres reliefs. On ne se lasse pas de nos découvertes. A y regarder de plus près, les champs sont toujours occupés de travailleurs. Souvent en famille, ces groupes ramassent inlassablement du fourrage pour les bêtes, du grain, du gingembre... Les visages sont plus fermés que depuis notre arrivée en terres birmanes. Les sourires moins présent. Le poids du labeur ou la lassitude du touriste ? Peut être un peu des deux. En y réfléchissant, même entre eux ils sont moins avenants, moins souriants. On aime moins. On s'était habituées à ce rayon de soleil. Amer relent de Chine.
La pause thé suivante est dans un village aux côtés d'une dame d'un certain âge voire d'un âge certain qui confectionne quotidiennement et inlassablement des sacs birmans pour les écoliers. De l'ethnie Pa Oh, vêtue de noir, elle tisse à la main méticuleusement. Il lui faut 3 jours pour en confectionner un seul. Les couleurs sont éclatantes et le travail sans accroc. On se dit alors que si nous étions rentrées à Paris après la Birmanie, on lui aurait bien pris un ou deux exemplaires.

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Nous repartons et très rapidement l'estomac sur pattes qui nous sert de guide a déjà faim. Etant parties ce matin une bonne heure plus tôt que d'habitude, c'est un peu avant 11h que nous atteignons notre pause déjeuner, dernière de la journée.
Un village traditionnel, une maison tenue par un couple qui accueille différents groupes tout au long de l'heure du déjeuner. Le mari mange des clémentines dehors pendant que la femme et notre guide cuisinent. Une répartition des tâches personnelle... On les aide à éplucher quelques fruits et profitons du déjeuner à l'étage. Noodles sautées, fruits, bouillon à l'ail. C'est la panse pleine que nous repartons juste à temps, juste avant que trop grand nombre de groupes n'arrive.
Dernières plantations de gingembre et de riz. Comme nous sommes bien en avance sur notre timing, nous prenons le temps, en musique, de finir notre dernier tronçon. Notre musicien de guide remet les titres de la veille au soir dont le tube de Way La, inconnu au delà des frontières birmanes. Elle est pourtant assez entraînante comme musique. Et croyez nous, après 40 jours de musique chinoise, celle birmane est un enchantement pour nos oreilles. Les rythmes sont familiers, il serait même assez facile d'y apposer des textes français.

Arrivées à destination au village de Put Tu (on vous entend déjà rire...), nous sautons dans le taxi qui nous fait sauter cette troisième journée de trek. Essentiellement faite de route et sans paysages nouveaux, il est 15h quand nous sautons dans la pirogue qui nous permet de rejoindre notre hôtel. Nous traversons en 1h le lac du sud au nord, apercevant au loin ce qui fera notre journée de visite en bateau le surlendemain.
Le soleil brille, on a un bateau de princesse rien que pour nous 2. La vie est belle. Assez rapidement le conducteur nous fait le coup de la panne. On vous l'a déjà fait vous le coup de la panne en pirogue ?!
Heureusement il règle le problème en 5 minutes et nous repartons à toute berzingue cap au nord.

Ce qui est sympa c'est que nous changeons d'élément. L'eau. Après presque 50 jours cela nous manque quelque peu et voilà qui nous prépare à notre mois aux Philippines qui sera lui plus axé mer.
Sur la route nous croisons même nombre de mouettes. Une petite pensée normande s'impose.
Les sacs déposés à l'auberge, le billet de bus de nuit pour dans 2 jours réservé, les vélos pour la balade de demain trouvés, il ne nous reste plus qu'à apprécier ces jours à venir.
Autre cadre, autre expérience, encore du plaisir.

Publié le 02/12/2016

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