Project Description

#Lac#Vélo#Pirogue

Le trek nous amène donc au lac Inlé, lieu phare voire incontournable d'un périple en Birmanie. 120 km carré d'étendue d'eau (4 fois plus grand que le lac d'Annecy pour vous donner une idée) et enclavé entre plusieurs montagnes, le lac est si grand qu'il est difficile d'en apercevoir les contours.
La chance que nous avons c'est que les nuages restent accrochés sur les hauteurs alors que le lac en lui-même est toujours ensoleillé même si le soleil met du temps à pointer son nez dans la matinée.
2 jours à occuper donc.

 

La grande boucle

Le premier sera sportif. Pour se dégourdir les jambes après la rando, rien de mieux qu'une journée à vélo. Pas extraordinaire pour la région, beaucoup ont recours à ce moyen de locomotion ici. Il offre la possibilité de se perdre dans les sentiers marécageux des abords du lac et de se déplacer écolo. Ça a l'air bobo comme propos mais pour les oreilles et le nez, c'est assez appréciable.
Quelques kilomètres de canaux, un passage par plusieurs villages flottants où la vie sur l'eau semble plutôt agréable. Les familles s'organisent comme sur terre, ponts, pirogues, maisons sur pilotis en plus ou moins bon état. Le lac regorge de "ruelles" aux visages contrastés.
Les bâtiments touristiques rutilent là où certains villages tombent en décrépitude. La vie rurale sur le lac est tournée vers sa production. De fertilisants, de légumes, de pêche et de transports en tout genre (personnes, vélos, scooters, paniers...).

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Nous poursuivons notre route jusqu'à une grande route sans intérêt. C'est là que nous décidons de mettre les bicyclettes sur une pirogue pour traverser et atteindre l'autre rive. Le lac étant grand, il est impossible d'en faire le tour en une journée et nous visiterons le sud demain en bateau.
Nous partageons ce nouveau moyen de locomotion avec un couple franco-américain (de Portland Oregon. Allez savoir pourquoi les ricains précisent toujours leur état. Bonjour, Géna, du Havre/Normandie... Je tenterai la prochaine fois).
Partager les frais, faire des affaires, négocier les transports, on devient plutôt bonnes en la matière.

Une traversée et un pique-nique au bord de l'eau plus tard, nous voilà sur la rive est, où, chevauchant nos 2 roues cheveux au vent, nous allons nous perdre dans les hauteurs. En fait il est assez facile d'oublier que nous sommes en bord de lac tellement il est compliqué d'en approcher les bords sur certains tronçons. Marécages, hôtels resort, champs... Nous sommes parfois trop loin de l'eau pour ne serait-ce que sentir sa présence.

 

Vous avez dit naturelle ?

Peu importe, on file dans les sentiers sableux jusqu'à rejoindre une piscine dite naturelle. La route est peu carrossable, comprenez : on manque de se casser la margoulette un certain nombre de fois mais on arrive entières.
La piscine remplie d'eau non chlorée est néanmoins construite et bétonnée par l'homme à la base. Un grand bassin où de jeunes Monks de 8 à 18 ans se baignent. Simple estimation d'âge sûrement erronée, les asiatiques faisant souvent plus jeunes. Ils passent plus de temps à remettre le morceau de tissu bordeaux qui leur sert de maillot qu'à nager. Peu importe, ils ne savent pas nager à proprement parler. Cela fait plusieurs fois que l'on se fait la remarque, aucun d'entre eux n'a une once de style académique. Davantage canine que Manaudou la nage si vous voyez ce qu'on veut dire...
Leurs jeux sont simples, se couler les uns les autres, essayer des figures acrobatiques avec une bouteille remplie à moitié d'eau, faire des bombes et nager sous l'eau. Des enfants en somme. Seuls la toge rouge et les cheveux rasés de près les trahissent mais on oublie pendant ce laps de temps ce à quoi ils vouent leur quotidien.

De ce fait nous n'osons pas nous baigner. Hommes, jeunes, sacrés. Cela ne se prête pas au mélange d'autant qu'ici les bassins sont souvent séparés hommes/femmes. Pas d'inscriptions compréhensibles nous interdisant formellement car nous sommes en zone non touristique mais dans le doute, nous nous abstenons et repartons sur les chemins direction notre objectif du jour, un vignoble à quelques encablures de notre village.

 

Du vin ! Du vin !

Le lieu hautement touristique du coin. Que des occidentaux. Des touristes à gogo. Pour 5000 kyats (4 euros) vous avez le droit de goûter 4 vins, 2 blancs, 2 rouges, du domaine des Red Mountains. Aidés de spécialistes français, ce vignoble, l'un des rares en Birmanie, profite du micro-climat de la vallée. A priori créer du vin dans un pays tropical n'est pas chose aisée.
Alors ce vin vous demandez-vous ?
Comment dire. Cela fait près de 50 jours que l'on rêve d'un blanc bien frais et autant vous dire qu'à l'idée de cette dégustation on avait les yeux qui brillent. Raisonnables on ne prend qu'une dégustation pour 2. 3 jours que Géna est barbouillée, mieux vaut ne pas abuser. Bien nous en a pris. On n'a déjà pas pu finir les 4 fonds de verre tellement c'était degueu. Le Vieux Pape mélangé à du vinaigre aurait fait mieux.

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Les français se regardent en coin grimaçant, les autres nationalités feignent de trouver ce vin charmant.
Une farce cette dégustation.
Ce qu'il y a de bien, et c'est essentiellement pour cela que nous sommes venues, c'est que la vue est splendide et idéale pour le coucher du soleil. On a la meilleure table pour admirer le spectacle et on compte bien en profiter. Les fonds de vin réchauffent à la chaleur des derniers rayons, nos yeux ne quittent pas le lac, la montagne et le soleil qui jouent à cache cache. Le temps s'arrête juste au moment où les derniers rais lumineux éclairent le sommet de la montagne. Tout le monde se tait. Enfin.

Après ce moment contemplation, pas de temps à perdre, nos deux roues nous attendent afin de rejoindre la ville à 5 kilomètres de là. La pénombre tombe très rapidement, mode yeux de chats activé, nous arrivons juste à temps pour rendre nos vélos avant la nuit noire.
Encore une journée bien remplie, une soupe dans une cantine de quartier, la découverte du Lassi pour Géna et au lit.

 

Le deuxième jour sera lacustre (mot compte triple au Scrabble).
Nous avons rendez-vous à 9h avec notre boat driver. Un petit jeune. Encore. On fait un peu dans le social ces derniers temps. On évite de passer par des compagnies qui exploitent le birman, on laisse leur chance à tous et on ne négocie même pas sachant que sa proposition est honnête. Parfois c'est assez lassant de discuter une heure pour gagner 2 euros. On se bagarre quand on a l'impression de se faire avoir, beaucoup moins quand on sait que les tarifs sont corrects.

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Nous voilà parties pour 8h de bateau sur une pirogue à moteur au bruit assourdissant. Heureusement que nous lui disons avoir tout notre temps et que filer à fond les ballons ne nous intéresse pas, cela atténue la nuisance sonore. Un peu. Pas assez.
Au programme aujourd'hui, jardins flottants et leurs cultures de tomates, courges et autres légumes aux noms non identifiables, marché, temples, inévitables pagodes, artisanat local de soie, argent et papier.
Le chauffeur propose les activités, nous les choisissons et fixons le rythme. Parfait. Cela fait du bien pour une fois de ne pas avoir à organiser, réfléchir, fixer des objectifs. Juste décider si oui ou non l'on souhaite se rendre à tel endroit. Profiter. Juste profiter. Sans se soucier.

 

A table !

Le marché est l'occasion de goûter quelques samoussas, un petit pain feuilleté frit, un chausson à la noix de coco et des espèces de galettes de blanc d'œufs que Fred a âprement négocié.
Explication. Une vendeuse veut nous vendre la pièce à 200 kyats, sa collègue 100, elles se contredisent, on laisse tomber. Un vendeur à qui l'on redemande le prix sourit et demande à la cliente à côté de nous en donner 2. Il refuse que l'on lui paie. En vrai cela se vend par 20, ne coûte rien et ce monsieur bedonnant est amusé par le fait que l'on souhaite y goûter. Comme d'habitude Fred trouve ça bon et les finit. Test réussi !

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C'est l'estomac plein que nous repartons sur notre navire, ce qui nous conduit à zapper la pause déjeuner. Le pauvre pilote doit encore chercher à comprendre pourquoi nous sommes les seules touristes à ne pas nous arrêter déjeuner dans un restaurant sur le lac...
Nous préférons visiter, flâner et passons donc beaucoup de temps dans les temples ou en bord de canaux à regarder le balai incessant des bateaux.

Beaucoup de locaux à vrai dire. Cet endroit hautement touristique est en fait très supportable et notre timing est parfait. Nous sommes souvent seules aux visites, levant le camp quand trop de monde arrive.
Le tourisme se voit davantage dans les bars vers 18h quand l'occidental décide de s'enfiler ses pintes de bière. Sinon on survit aisément. Surtout après 40 jours de Chine où le touriste chinois était par milliers. Millions. Milliards.

Les explications dans les workshops sont intéressantes bien que trop succinctes. Le but ici n'est pas vraiment d'expliquer mais de donner envie d'acheter. Ça marche plutôt bien car le travail semble de qualité. Ce qui nous sauve c'est que nous nous interdisons d'acheter quoique ce soit. Le sac est déjà assez lourd comme ça.
Les bagues sont joliment travaillées, les écharpes soignées, les enveloppes en papier artisanal très jolies.. Mais cela devra rester sur le sol birman. Point de frustration. Ou si peu.
La notion d'artisanat est omniprésente. Le savoir-faire est indéniable. Le travail est au cœur de ces ateliers. De la découpe de la tige de lotus pour en extraire le fil et le travail méticuleux que cela nécessite au modelage de l'argent jusqu'à obtenir la forme souhaitée, ainsi que la fabrication du papier grâce au doigté expert de cette dame plus toute jeune, rien n'est laissé au hasard. Nous nous surprenons souvent à les regarder avec nos yeux d'enfants, en soif d'apprentissage et de découvertes.
Nous repartons donc les mains vides mais beaucoup moins bêtes. Et c'est déjà un bon début.

Les heures passent. Très rapidement. Trop rapidement. Le coucher de soleil est le point culminant de notre journée. Nous voulons être sur le lac quand le soleil passera derrière les montagnes. Ainsi, nous nous rentrons doucement vers notre hôtel en profitant de cette vue, s'arrêtant une dizaine de minutes en route pour profiter du spectacle que nous offre les pêcheurs. Les vrais. Pas ceux qui font le folklore à l'embouchure du canal pour quelques kyats. Les poissons remontent au compte goutte. Les ombres chinoises s'exécutent sans relâche avec précision. Le spectacle est splendide.

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A 17h30 nous voilà de retour sur la terre ferme. Le temps d'avaler un Lassi et de récupérer nos bagages sonne l'heure de monter dans le bus pour 9h de route. Direction Bagan et sa vallée des temples.
Autre région, autre décor. Une aventure birmane qui entame sa troisième et dernière semaine.

Publié le 04/12/2016

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