Project Description

#Bus#Hsipaw#Trek#5 voyageurs#55km

Les bus arrivent toujours en avancent (bis)

1h30, nuit noire, quand nous arrivons à Hsipaw alors que nous sommes sensées débarquer vers 5h. La précision birmane en matière de bus a ses limites.
Nous n'avons pas d'hôtel et nous comptions enchaîner directement à 8h avec le trek. Pour la petite histoire, après 1h30 de route la veille en compagnie de 4 occidentaux, (un couple germano-israélien rencontré à l'auberge à Bagan et une compatriote de Saint-Nazaire), nous 5 seuls dans le bus, le chauffeur décide de s'arrêter à 66 kilomètres de notre point de départ. Après nous avoir indiqué repartir dans 4 minutes, nous comprenons qu'il a essayé de nous dire que c'était à 16h (soit dans une heure), pour finalement ne reprendre la route qu'à 17h. Il nous a donc fallu pendant ce laps de temps trouver un bar pour étancher notre soif à la bière et aller faire quelques emplettes dans le village pour ce trajet qui s'annonçait plus compliqué que prévu.

 

5 voyageurs du bout du monde

2 heures à tuer, 2 heures pour commencer à échanger sur les voyages et les horizons si différents qui sont les nôtres.
Drôle comme en France annoncer que l'on part en tour du monde paraît hors du commun alors qu'en voyage nous n'avons rencontré que des gens en voyage à long terme. 3 à 6 mois minimum. Des années parfois. A l'aube de notre voyage, cela paraît tellement irréel. Il y a pourtant tellement de pays où partir en voyage après ses études est tout ce qu'il a de plus normal voire d'indispensable. La France a encore beaucoup à faire en la matière.

Nous repartons donc à 17h et 7 birmans se sont ajoutés dans les rangs des voyageurs. Le trajet est long. On dort entrecoupé. Certains bien plus que d'autres. Certaine (dont on ne citera pas le nom) même la bouche grande ouverte comme à leur habitude.

 

Bus de courte nuit

Lorsqu'à 1h30 du matin le chauffeur hurle "Hsipaw Hsipaw", c'est à peine si l'on y croit tant les 3h d'avance paraissent irréelles. Pas faute d'avoir eu des bouchons suite à un accident en route.
Nous voilà donc à 5, en pleine nuit, par 10 degrés, à la recherche d'un hôtel, espérant qu'il lui reste 2 ou 3 lits. C'est en effet le cas. Celui que nous avions réservé pour le retour de trek est ouvert. Un dispatching plus tard, nous nous couchons dans ce qui s'avéra être une chambre catastrophique, humide et extrêmement bruyante, pour les 4h30 qui nous séparent du réveil.

Pas du tout convaincues par le trekking que propose cet hôtel, nous partons toutes 2 à la recherche d'un autre hôtel dont nous savons, grâce à divers blogs, organiser de bons treks. Une fois l'hébergement trouvé, un guide est contacté par le manager et rendez-vous est donné dans une heure. Le temps de proposer ce bon plan à nos 3 compères, d'avaler un petit déjeuner et nous sommes déjà en route pour une quarantaine de kilomètres.

 

C'est parti mon kiki

Au programme jungle, forêt, cultures mais aussi discussions politiques sur la Birmanie, Israël et la France, leur culture et bien sûr, leur nourriture ! Le sujet récurrent. Que ce soit après 2 ou 6 mois, on sait que ce sujet est inévitable. Nous venons de pays où la nourriture tient un rôle important, bien au delà du simple fait de se sustenter. Son rôle social, grand moment de convivialité, de régal, beaucoup de choses nous manquent régulièrement même si nous nous accommodons facilement des plats locaux.
Parler de cuisson de croissant, de comment former la croûte du pain, des plats de la grand mère d'Anat, de Tchatchouka, de viande en sauce qui mitonne dans la marmite pendant des heures... On se fait du mal on le sait mais on ne peut pas s'empêcher d'y penser, d'en parler.

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Revenons à la randonnée.
Le trajet emprunté cette fois est moins touristique qu'à Kalaw car seuls 3 guides dont le nôtre le pratiquent. Pas un touriste pendant deux jours, des paysages plus montagneux, une bande de joyeux lurons en balade.
Notre guide, Aïkité, Aïki pour les intimes a 35 ans, une femme et une fille de 4 ans, a délaissé ses cultures de thé pour venir à la ville et devenir guide. Il rêve d'étranger, mais aussi de paix et de partage pour son pays. Son discours est clair et précis, nous apprenons avec lui beaucoup sur la culture birmane.

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La randonnée est beaucoup moins entrecoupée de pauses que la précédente vers le lac, le rythme est soutenu et après cette journée, nous arrivons vers 16h dans la maison où nous passons la nuit. Une bonne douche et nous voilà prêts à attaquer le dîner bien mérité.

Arrêtons-nous un instant sur cette "douche".
Sorte de grand bac de récupération d'eau comme visible sur la photo ci-dessous, elle se pratique aux yeux de tous. D'autant que nombre de villageois sont venus assister au spectacle quand 5 occidentaux sont allés se prêter au jeu de la toilette en plein air. L'eau n'est pas si froide mais les femmes, à la différence des hommes, ne peuvent pas se mettre en sous-vêtements. Donc longyi, système D, toilette intégrale. Grand show. Grand moment. Et malgré tout la très agréable sensation de propreté après avoir passé la journée à crapahuter.

Le repas du soir offre encore une table bien remplie, multitude de légumes et bien sûr riz. Nos estomacs remercient encore la cuisinière, encore de nouveaux goûts découverts.

 

Home sweet home

La maison sert de restaurant et d'épicerie pour tout le village et également de chambre chez l'habitant lorsqu'Aïki ramène des touristes. Cela participe de la vie du village et les passages des habitants sont fréquents durant les 3h où nous restons à papoter et à déguster bière et thé en soirée.

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Avant de filer au lit vers 21h, nous partageons un moment fort sympathique avec un jeune du village à qui Aïki tente d'apprendre quelques notions d'anglais. La prononciation est incertaine, l'écriture fragile mais la volonté d'apprendre sans faille. Nous enrichissons son cahier de devoirs de quelques phrases supplémentaires et rejoignons nos lits vers 21h pour une longue nuit, confortable et presque pas froide pour une fois.

 

D'attaque pour le deuxième jour ?

La joyeuse troupe reprend la route vers 8h le lendemain, un bol de nouilles Shan dans le ventre, prêts à affronter la vingtaine de kilomètres du jour. La mer de nuages que nous apercevons au loin, laissant poindre quelques pics montagneux est somptueuse, le soleil rasant également. La route grimpe, descend, on ne croise toujours personne et c'est parfait ainsi.

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Les kilomètres se suivent et ne se ressemblent pas, le soleil se fait plus présent et les paysages plus contrastés. Ça papote beaucoup, ça traîne pas mal, le rythme est moins soutenu que la veille car nous savons avoir le temps et avons envie de faire durer le plaisir. Aïki décide de nous faire passer par une école dans un petit village (pléonasme birman, ils sont tous petits les villages de toute façon ici). Notre arrivée perturbe quelque peu le cours à 4 niveaux. De 4 à 10 ans, les élèves, certains sont monks, sont répartis aux quatre coins du bâtiments pour étudier selon leur grade. La séance photo, grimaces et rigolade avec les enfants n'en finit pas et il nous faut quitter les lieux avant que les enfants ne mettent définitivement la classe sans dessus-dessous.
Après une dernière séance d'essayage de lunettes de soleil, nous reprenons notre chemin, dernière portion avant notre retour à la ville.

En route nous abordons le cas des jeunes monks. Il n'est pas rare de voir en tenue orange/bordeaux de très jeunes enfants. On s'interroge sur la capacité d'un enfant à faire ce choix de vie dès le plus jeune âge. Aïki nous explique que c'est souvent pour eux l'opportunité d'échapper au travail des champs là où nombre de parents procréent en vue de main d'œuvre facile. De plus il est tout à fait possible de renoncer à ce choix sans pour autant être répudié comme il est souvent le cas des défroqués chez nous.
Chaque birman teste une fois dans sa vie, pour une durée plus ou moins longue, la vie de monk. Notre guide s'y est essayé avant de rapidement y renoncer. La vie sans fille, ce n'était pas pour lui !

Pour finir, la traversée d'une rivière sera la bienvenue pour rafraîchir nos petits petons bien sollicités depuis 2 jours. Il fait chaud, nous sommes bien entourées, le cadre est superbe. Ce trek est au top. La bière avec vue sur le fleuve une fois de retour en ville également.

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Le soir venu nous nous dégotons un bon restaurant de viande grillée et de pommes de terre sauce aigre douce avant de filer tous au lit rapidement. Inutile de préciser que nous n'avons pas eu besoin de berceuse...

 

Il est temps de retourner à la ville

La bonne surprise du jour, celle qui vous met de bonne humeur pour la matinée, c'est le petit déjeuner buffet que nous découvrons au réveil. Sur le toit de l'hôtel, avec vue sur les alentours de la ville, nous mangeons du pain ! Ça n'a l'air de rien comme ca vu de France, mais après 40 jours sans pain, la découverte de celui-ci nous met en joie. Anat avec qui nous avons longuement parlé boulangerie hier a le sourire, nous aussi. Comme quoi il est possible de faire du pain non sucré dans ce pays ! La réussite de ce met nous le devons au cuistot qui tient la recette d'un chef français. Pain frais maison, muffins, brioche, pancakes, mais aussi fruits, thé ainsi que les traditionnels nouilles, légumes sautés, le tout accompagné de frites en escalier ! On mange bien sûr bien plus que de raison mais après plusieurs semaines de nouilles et de riz sauté en guise de petit-déjeuner, on perd un peu la notion de notre appétit.

Le 4ème jour avec nos 3 comparses, nous le passons dans un wagon.
Hsipaw est connu pour son train qui le lie à Mandalay car il traverse un viaduc impressionnant. Les trains sont également toujours l'occasion de rencontres et d'immersion totale dans la vie locale.

 

Et c'est parti pour 7h de rails !

Nombre d'occidentaux ont la même idée, une vingtaine est déjà présente lorsque nous arrivons à la gare mais heureusement, une fois tous dispersés dans le train, on n'y fait même plus attention, les birmans étant bien plus nombreux.
Le train birman est chaotique. Ça secoue, c'est dur, ça fait mal aux fesses, c'est pas propre, ça avance à 30km. Mais c'est top ! Les paysages sont magnifiques. Les rails traversent la campagne, des villages, des cultures et le soleil rend les choses encore plus remarquables. La fenêtre est comme une télévision full HD sur le monde. 7h donc. Où nous rencontrons des birmans, des français, des néerlandais, des vendeurs en tout genre, buvons, mangeons, rigolons, lisons, faisons des séances photo. Les heures défilent et nous arrivons rapidement à destination, avant-dernière étape du voyage.

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Nos amis germano-israéliens nous quittent ici, décidant de passer la nuit dans cette ville, alors que toutes 3, ainsi que 2 voyageurs rencontrés en route, sautons dans un pick-up avec une douzaine d'autres personnes pour prendre la direction de Mandalay à 2 heures d'ici.
La promiscuité sur les 2 bancs en bois de 3 mètres est à son paroxysme. Collés serrés, on assiste au coucher du soleil en continuant à échanger sur nos différentes expériences avant de nous quitter, le fessier endolori, à l'arrivée la gare. Nos chemins se séparent ici après 4 jours et une sensation étrange de vide nous envahit le temps du chemin vers l'hôtel.

Être à plusieurs c'est aussi pouvoir se reposer sur les autres, ne pas prendre de décision seules, se laisser porter parfois, suivre une dynamique souvent. C'est assez plaisant. Nous aurons passé 4 jours tous les 5. Le bus, le trekking, le train. De vraies aventures et aussi un vrai changement dans nos habitudes à toutes 2 qui n'a pas été pour nous déplaire avant de passer à un nouveau pays, cassant ainsi notre routine, donnant un nouveau souffle à notre duo.
Il est temps désormais pour nous de nous concentrer sur notre prochaine étape. Après 2 jours à Bangkok, direction Philippines. Quelques îles, plongées, plage, randonnées. Changement de décors.
Mais aussi du boulot pour anticiper quelques points pour l'Indonésie et la Nouvelle-Zélande.

 

En espérant que le réseau soit, au moins à l'occasion, plus performant qu'en Birmanie pour vous tenir informés de nos aventures. Nous ne vous oublions pas. Pour sûr :)

NB : Sven et Anat vivent à Israël. Sven, après avoir voyagé seul 3 ans et rejoint la Chine en vélo depuis l'Allemagne, a rencontré sa compagne dans l'ouest chinois il y a 4 ans. Globe trotteuse également, ils continuent depuis de voyager ensemble, au gré de leurs envies, en Europe, en Asie...
Ils sont une source inépuisable d'histoires et d'endroits fabuleux à visiter. Leurs yeux brillent encore à l'idée de leur prochain périple.
Annaëlle a commencé son voyage il y a 3 mois. Seule, elle rejoindra un jour après nous le Cambodge puis le Vietnam avant de peut être signer un contrat professionnel en Nouvelle Calédonie.

Show must go on.

Publié le 07/12/2016

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